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CANNABIS PARMI LES ÉTUDIANTS GABONAIS

CANNABIS PARMI LES ÉTUDIANTS GABONAIS
Trafic de cannabis au Gabon : étudiants impliqués à Libreville, Franceville, Oyem

A Libreville, Franceville, Oyem et plusieurs autres villes du Gabon, de plus en plus d’étudiants gabonais sont impliqués dans le trafic de drogue, notamment le chanvre indien ou cannabis. Ce phénomène, longtemps sous-estimé, prend aujourd’hui des proportions alarmantes, avec des conséquences sociales, économiques et sécuritaires majeures pour le pays.


Un phénomène qui prend racine dans les campus


Depuis quelques années, les campus universitaires du Gabon sont devenus un terrain fertile pour le trafic de cannabis. Des sources locales rapportent que certains étudiants de l’Université Omar Bongo (UOB) voient dans ce commerce illicite une solution rapide pour financer leurs études ou leur train de vie. Libreville, capitale du pays, concentre le plus grand nombre de cas, mais Franceville et Oyem, notamment des étudiants de passage dans le Woleu-Ntem, ne sont pas en reste.


Selon des témoignages recueillis auprès de responsables universitaires, des groupes d’étudiants organisent la culture, le stockage et la distribution de cannabis dans les résidences universitaires et les quartiers avoisinants. « Il s’agit d’un réseau bien structuré, qui opère parfois avec la complicité d’individus extérieurs au campus », confie un responsable d’établissement supérieur à Libreville. Le pavillon G de l’UOB en était la parfaite illustration. 


Libreville : capitale du trafic étudiant


À Libreville, les quartiers autour des universités sont devenus des points névralgiques du trafic. Les étudiants, souvent jeunes et vulnérables, sont recrutés pour transporter ou vendre de petites quantités de cannabis à leurs camarades ou à des clients externes.


Cette situation inquiète les parents et les autorités. Les arrestations se multiplient, mais la prévention semble insuffisante. Pour certains spécialistes gabonais de la sécurité, la lutte contre ce fléau doit passer par une meilleure sensibilisation des jeunes notamment des étudiants et un renforcement du contrôle dans les campus.


Franceville et Oyem : le phénomène s’étend


À Franceville, dans le sud-est du pays, et à Oyem, au nord, le phénomène prend également de l’ampleur. Des étudiants woleu-ntémois et altogovéens sont de plus en plus attirés par ce commerce lucratif, malgré les risques judiciaires. Dans ces villes, le cannabis est souvent importé depuis d’autres régions du Gabon ou cultivé clandestinement dans les zones rurales.


Les autorités locales signalent que la faible surveillance et le manque de moyens pour contrôler les résidences universitaires facilitent l’expansion de ce trafic. « Nous devons agir avant que cela ne devienne incontrôlable », avertit un officier de police à Franceville.


Les causes du trafic chez les étudiants


Plusieurs facteurs expliquent cette montée du trafic chez les étudiants gabonais. Le premier est économique. Beaucoup d’étudiants proviennent de familles modestes et cherchent des revenus rapides pour subvenir à leurs besoins.


Le deuxième facteur est culturel. Certains jeunes considèrent le cannabis comme une substance « bénigne » et sous-estiment les risques associés à son trafic. Les réseaux sociaux contribuent également à banaliser cette pratique, présentant souvent le commerce de cannabis comme une source facile de revenus.


Le manque de dispositifs de prévention dans les universités et d’accompagnement psychologique favorise la vulnérabilité des étudiants. Des spécialistes gabonais insistent sur l’importance d’introduire des programmes éducatifs et de sensibilisation dès le secondaire pour prévenir l’implication dans la drogue.


Les conséquences pour la société gabonaise


Le trafic de cannabis parmi les étudiants a des répercussions importantes sur la société. Sur le plan académique, les jeunes impliqués voient leurs études affectées, avec des abandons ou des échecs qui compromettent leur avenir professionnel.


Sur le plan social, cette tendance alimente la délinquance et les tensions dans les quartiers universitaires et leurs environs. Des conflits entre trafiquants rivaux ont été signalés à Libreville et à Franceville, parfois avec des violences physiques.


Économiquement, le phénomène détourne une partie de la jeunesse gabonaise d’activités productives et légales, ce qui constitue un frein au développement du pays. Les autorités mettent en garde contre la banalisation de ce commerce, qui pourrait avoir des effets dévastateurs à long terme.


La réaction des autorités


Face à ce fléau, le gouvernement gabonais et les forces de l’ordre multiplient les actions de répression. Des opérations de contrôle et des arrestations ciblées ont eu lieu à Libreville, Franceville et Oyem notamment grâce à l’action de l’Office central de lutte anti-drogue (OCLAD).


Cependant, certains experts gabonais soulignent que la seule répression n’est pas suffisante. Il est nécessaire d’accompagner ces mesures par des campagnes de sensibilisation, des programmes de réinsertion et un soutien aux étudiants vulnérables. Des ONG locales commencent à intervenir dans ce sens, mais leurs moyens restent limités.


Créer des partenariats 


Pour endiguer le trafic de cannabis parmi les étudiants, plusieurs propositions émergent. La première consiste à renforcer la surveillance dans les résidences universitaires et à créer des partenariats entre universités et forces de sécurité.


La deuxième approche vise l’éducation et la prévention : informer les jeunes sur les risques liés au trafic et à la consommation de drogue, tout en proposant des alternatives économiques légales. Enfin, l’accompagnement psychologique et social des étudiants est crucial pour réduire leur vulnérabilité face aux réseaux de trafic.


Se mobiliser rapidement pour inverser cette tendance


Le phénomène du trafic de cannabis chez les étudiants gabonais constitue un défi majeur pour le Gabon. Libreville, Franceville, Oyem et d’autres villes doivent conjuguer répression, prévention et éducation pour protéger la jeunesse et garantir la sécurité et le développement du pays.


Sans une action coordonnée, ce trafic risque de continuer à se développer, mettant en danger non seulement les étudiants impliqués mais aussi l’ensemble de la société gabonaise. Il appartient aux autorités, aux familles et aux acteurs éducatifs de se mobiliser rapidement pour inverser cette tendance inquiétante.


Un paradoxe inquiétant au Gabon


C’est un paradoxe inquiétant au Gabon : des étudiants, censés incarner le savoir et l’avenir du pays, se retrouvent impliqués dans le trafic de drogue. Armés de diplômes et de connaissances, certains choisissent pourtant le chemin de l’illégalité, comme Nestor à Oyem ou Josué à Franceville. Ce contraste met en lumière les pressions économiques, le manque de perspectives et l’influence des réseaux. La jeunesse instruite, au lieu de bâtir son avenir, risque de compromettre sa vie et celle de la société.


Les derniers cas en date


Plusieurs cas récents illustrent l’implication d’étudiants dans le trafic de cannabis au Gabon.  À Oyem, Nestor N.E., un étudiant âgé de 41 ans, a été interpellé en possession de 78 ballots de chanvre indien alors qu’il se dirigeait vers Mitzic pour les vendre, avant d’être placé sous mandat de dépôt à la prison centrale d’Oyem pour trafic de stupéfiants en novembre 2023. 


À Franceville, un autre étudiant, Josué Neville Bourébé, 34 ans, inscrit à l’Université des Sciences et Techniques de Masuku (USTM), a été arrêté par l’Office central antidrogue (OCAD) et placé sous mandat de dépôt après la découverte de quantités de cannabis et de plants chez lui lors d’une perquisition menée le 20 février 2026.


À Libreville, bien que les dernières arrestations ciblant directement des étudiants n’aient pas été rendues publiques ces derniers jours, les autorités policières poursuivent la lutte contre le trafic de cannabis, qui reste la drogue la plus interceptée.


 


 


 

Par Pamphil

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