149 VÉHICULES, 9 LIGNES ET LA FIN DE LA GRATUITÉ : LA NOUVELLE ÈRE DES TRANSPORTS PUBLICS
Le Conseil des ministres a adopté le projet de loi portant création, attributions et organisation de la Compagnie Nationale de Transport. Placée sous la tutelle technique du ministère chargé des Transports, la CNT aura pour mission d’assurer le transporturbain et interurbain des personnes et des marchandises sur l’ensemble du territoire.
La nouvelle société d’État prendra également en charge la gestion des gares routières etdes pôles d’échanges multimodaux, la location de matériels de transport ainsi que la formation professionnelle aux métiers du secteur.
Cette réforme repose sur la fusion-absorption simplifiée de la Société Gabonaise de Transport, SOGATRA, et de TRANSURB. L’objectif affiché est de mutualiser lesressources et de disposer d’un opérateur public unique, avec une gouvernance présentée comme plus unifiée et transparente.
149 véhicules pour lancer la nouvelle compagnie
Pour son démarrage, la CNT disposera d’un parc de 149 véhicules, comprenant notamment 100 autobus Eicher, 25 autobus SML et 6 véhicules de type Coaster. À cetensemble s’ajoutent 12 camions-citernes, 5 camions semi-remorques et un camion Canter.
Ce parc doit permettre à la compagnie d’assurer à la fois le transport de voyageurs et les activités logistiques.
Sur le plan social, le gouvernement assure que les emplois seront intégralementmaintenus. Les contrats de travail seront repris par la CNT sans interruption, conformément au Code du travail.
Le lancement sera organisé en deux étapes. La première sera consacrée au transportinterurbain, avec des liaisons au départ de Libreville vers plusieurs capitales provincialeset pôles économiques, dont Lambaréné, Mouila, Lébamba, Tchibanga, Makokou, Oyem et Bitam.
Neuf lignes urbaines et la fin de la gratuité
La deuxième phase concernera le Grand Libreville. Neuf lignes urbaines doivent être exploitées dans un premier temps, avec 20 points de vente de titres de transport et l’aménagement annoncé de 300 points d’arrêt.
Mais la principale rupture pour les usagers sera la fin de la gratuité dans les transports publics. Une nouvelle politique tarifaire doit progressivement être instaurée, avec des formules adaptées aux différentes catégories de voyageurs.
En milieu urbain, plusieurs abonnements sont prévus : Pass Social, Élève, Étudiant, Urbain et Famille, auxquels s’ajouteront des tickets journaliers ou à usage unique. Pour les trajets interurbains, les prix seront modulés selon les distances parcourues.
La CNT veut également miser sur le numérique. Les paiements seront progressivement dématérialisés et les véhicules pourront être suivis en temps réel grâce à la solution « Gabon Mobilités ».
L’EEG sous tension, le gouvernement maintient la médiation
En parallèle de la réforme des transports, le Conseil des ministres s’est penché sur lacrise institutionnelle qui secoue l’Église évangélique du Gabon (EEG).
Les contestations liées au Synode national d’août 2026 et à l’élection du nouveauDirectoire ont conduit les autorités à suspendre provisoirement le Directoire contesté, dans un contexte marqué par des tensions et des risques de troubles à l’ordre public.
Le gouvernement entend désormais privilégier la médiation. Une commission de bons offices sera mise en place afin de favoriser le dialogue entre les différentes parties et de préparer la tenue d’un nouveau Synode considéré comme régulier et incontestable.
La suspension restera maintenue jusqu’au règlement définitif de la crise. En cas d’échec du dialogue, les mesures administratives prévues par les textes pourront êtreappliquées.