IMMIGRATION : DES PROPOS QUI INQUIÈTENT ET LE SILENCE DES AUTORITÉS INTERROGE
Une prise de parole d’activistes au Monument de la Libération à Libreville, samedi 19 septembre, place la question de l’immigration au cœur du débat public. Selon les déclarations rapportées, plusieurs intervenants ont employé des formulations particulièrement dures, notamment « Nous acceptons tout mais pas les déchets » ou encore l’idée « d’évacuer par mois 100 000 immigrés ».
Un autre propos attribué à un participant évoque une future confrontation « entre les Peuls et les Gabonais ». Au-delà des désaccords possibles sur la politique migratoire, l’évocation explicite d’une communauté soulève la question du risque d’amalgame entre immigration, origine et appartenance communautaire.
Débattre de l’immigration sans désigner des communautés
La politique migratoire, le contrôle des frontières, les conditions de séjour des étrangers ou encore l’application des règles d’immigration peuvent légitimement faire l’objet d’un débat public. Mais les chiffres et affirmations avancés dans ce débat doivent pouvoir être vérifiés, particulièrement lorsqu’ils servent à décrire l’ampleur d’un phénomène. La distinction est également essentielle entre la discussion d’une politique publique et la mise en cause collective de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance supposée à une communauté.
À ce stade, les recherches effectuées n’ont pas permis d’identifier une réaction officielle directement consacrée à ces déclarations. Le communiqué du Conseil des ministres du 18 septembre traite notamment de questions relevant du ministère de l’Intérieur, sans pouvoir constituer une réponse à des propos tenus le lendemain. Une prise de parole des autorités permettrait notamment de préciser les données officielles sur l’immigration, le cadre juridique applicable aux déclarations publiques et, le cas échéant, la position de l’État face aux propos susceptibles d’alimenter des tensions communautaires.
Immigration, expression et cohésion sociale
L’enjeu dépasse donc la seule polémique. Il concerne à la fois la liberté d’expression, la conduite du débat sur l’immigration et la préservation de la cohésion sociale. Dans un sujet aussi sensible, disposer de faits vérifiés et d’une position institutionnelle claire permettrait au débat public de se poursuivre sur des bases plus précises.