10% DE CONTRIBUTION AU PIB
On le pressentait depuis belle lurette : le secteur forestier gabonais, longtemps relégué au second plan malgré son immense potentiel, pourrait connaître un véritable renouveau. Avec près de 400 espèces d’arbres recensées, mais seulement une cinquantaine exploitées à ce jour, le pays dispose d’une richesse encore largement sous-utilisée.
Actuellement, la contribution de la filière forestière au produit intérieur brut (PIB) est estimée à 4 %. Un chiffre modeste, mais appelé à croître de façon significative. Les autorités ambitionnent de porter cette part à 10 %, faisant ainsi de la forêt une véritable épine dorsale de l’économie nationale. Ce pari audacieux est désormais pris à bras-le-corps, notamment à travers plusieurs initiatives locales.
Dans la province de la Nyanga, les forêts communautaires sont au cœur de ce nouveau souffle. En impliquant directement les populations locales, ces projets permettent de se défaire de l’étau d’un modèle économique centralisé et peu inclusif. Au niveau du projet Grand Mayumba, en particulier, le gouvernement met les bouchées doubles pour valoriser à la fois l’exploitation forestière et le développement agro-pastoral. Une synergie que certains observateurs n’hésitent pas à qualifier de pari réussi, tant elle redonne espoir à des régions longtemps restées au creux de la vague.
“Le potentiel forestier du Gabon est sous-exploité, avec seulement 50 des 400 essences utilisées. Porter la contribution du secteur forestier de 4 % à 10 % du PIB est réaliste, à condition d’intensifier la gestion durable et d’impliquer les communautés locales via les forêts communautaires. Des projets comme Grand Mayumba sont prometteurs s’ils allient exploitation responsable et développement agro-pastoral. La promotion internationale, comme celle menée au Japon, est stratégique pour attirer les investissements nécessaires à cette transition verte”
souligne un enseignant de la faculté des droits et des sciences économiques de l’Université Omar Bongo (UOB).
Mais pour transformer l’essai, le Gabon doit désormais attirer des investisseurs étrangers. C’est dans cette optique que le pays a présenté, en juillet 2025 à Osaka (Japon), son potentiel forestier. Une démarche saluée par plusieurs experts du secteur qui ne tarissent pas d’éloges sur les efforts déployés.
Alors que le pays sort lentement d’une traversée du désert économique, la forêt, cette mamelle nourricière, pourrait bien redevenir un moteur de croissance.