« NOS PME AURONT LEUR PLACE»
Gninga Chaning Zenaba, ministre de l’Entrepreneuriat, du Commerce et des PMI-PME, s’est exprimée sur les grandes orientations du gouvernement en matière de développement économique et de souveraineté alimentaire. Avec des propos francs et engagés, elle a détaillé les efforts en cours pour faire émerger un tissu entrepreneurial gabonais plus robuste et mieux intégré à la chaîne de valeur nationale.
Le cœur de l’intervention de la ministre a été la centrale d’achat nationale, un projet stratégique qui vise à recentrer la consommation nationale sur des produits issus du territoire. Selon elle, ce mécanisme servira de levier pour soutenir la production locale.
« Je pense que, avec la centrale d'achat, ça nous permettra d'identifier les produits les plus consommés par les Gabonais »
a-t-elle expliqué. L’objectif étant de mieux orienter les entrepreneurs locaux vers les besoins du marché national.
À titre d’exemple, elle a évoqué le secteur avicole, en pleine structuration :
« Il y a eu un forum sur le poulet de chair pour identifier tous les producteurs au Gabon. Ce sera un travail de groupe pour pousser nos entrepreneurs à produire ce que les Gabonais consomment le plus »
a-t-elle affirmé. Cette dynamique s’inscrit dans une volonté affirmée de substituer progressivement l’importation par une production nationale compétitive et durable.
La ministre a également souligné que le recensement des produits stratégiques avait commencé, mais que l’intégration des petites et moyennes entreprises dans la centrale d’achat reste un chantier à approfondir.
« Aujourd'hui, malheureusement, nos PME ne sont pas encore intégrées dans la centrale d'achat. Mais à long terme, avec le ministre de l'Économie et des Finances, on verra comment les intégrer »
a-t-elle précisé.
Au-delà des initiatives en cours, Gninga Chaning Zenaba a exprimé son regret face aux difficultés historiques des PME gabonaises à s'imposer sur le marché national:
« Nos PME, malheureusement, n'ont pas eu d'opportunités jusque-là »
a-t-elle confié. Pour elle, la 5e République représente une nouvelle ère, avec un gouvernement déterminé à offrir de vraies chances aux entrepreneurs nationaux.
« Ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas intégrés maintenant qu’ils ne le seront pas. Aujourd’hui, le but du gouvernement est d’intégrer les Gabonais dans leur alimentation et dans le développement de leur pays »
a-t-elle assuré.
Face aux polémiques sur les réseaux sociaux concernant la préférence nationale, la ministre a tenu à clarifier la position du gouvernement.
« Vouloir une préférence nationale, ce n’est pas rejeter les communautés amies »
a-t-elle affirmé, comparant cette orientation à ce qui est déjà pratiqué dans plusieurs pays africains. Pour elle, il ne s’agit pas d’exclusion, mais de rééquilibrage nécessaire.
« Ce qu’on essaie de mettre en place au Gabon est déjà appliqué ailleurs. Par exemple, au Sénégal, pour avoir accès à la pêche, il faut être Sénégalais »
a-t-elle illustré.
Enfin, elle a rappelé l’engagement collectif de l’équipe gouvernementale autour du projet de société du chef de l’État.
« Ce gouvernement travaille en concordance pour le bien-être des Gabonais. Nous allons y arriver »
a-t-elle conclu avec conviction. Selon elle, la centrale d’achat est appelée à devenir un outil structurant, capable de transformer l’économie locale en profondeur, à condition que chacun joue sa partition et que les entrepreneurs saisissent les opportunités offertes.
Dans un pays encore trop dépendant des importations, il est question de donner plus d'opportunités aux PME gabonaises.