DOUCKAGA ET SES AMBITIONS
La scène politique port-gentillaise entre dans une nouvelle donne avec la contestation lancée par Jean-Philippe Douckaga contre l’élection du maire de Port-Gentil et de ses adjoints, finalement annulée par l’arrêté n°077 du ministère de l’Intérieur. Si la décision de reprendre le vote à bulletin secret, ce 28 novembre, s’inscrit dans une volonté institutionnelle d’assurer la régularité du scrutin, elle met surtout en lumière la trajectoire singulière – et parfois ambiguë – du conseiller municipal de l’UDB.
Car ce n’est pas la première fois que Douckaga jette un pavé dans la mare politique portgentillaise. En début d’année, son rôle dans les tensions intercommunautaires avait créé une véritable boule de neige de polémiques. Ses prises de position, présentées alors comme un plaidoyer pour une communauté qu’il estimait marginalisée, avaient finalement été interprétées par de nombreux observateurs comme une stratégie personnelle pour obtenir reconnaissance et responsabilité au sein de la transition.
Cette capacité à se saisir de moments de crispation revient aujourd’hui au premier plan. Douckaga dénonce désormais un vote à main levée lors du scrutin municipal initial, qu’il juge contraire au Code électoral. Mais la contradiction saute aux yeux : il a participé au vote, sans formuler la moindre réserve, et soutenu la candidature issue de son propre camp. Ce n’est qu’une semaine plus tard qu’il enclenche un recours. Pourquoi ce délai ? Que scrute-t-il réellement à l’horizon ?
Pour certains cadres de l’UDB, cette démarche tardive s’apparente à un acte isolé, voire à une recherche d’existence politique. Conseiller relégué au second plan après avoir été colistier, Douckaga chercherait à se repositionner au moment où les équilibres internes du parti se recomposent. Pour d’autres, il s’agit d’une volonté d’occuper l’espace médiatique au moment précis où la capitale économique retient son souffle avant un nouveau vote décisif.
Quelles que soient ses motivations réelles, un fait demeure : l’initiative de Jean-Philippe Douckaga fragilise une cohésion politique déjà sensible dans la province de l’Ogooué-Maritime. En remettant en cause un processus auquel il a contribué, il ouvre une brèche au sein de son propre camp et soulève des interrogations légitimes sur la crédibilité et la finalité de sa démarche. Port-Gentil devra composer avec cette tension supplémentaire.