CAPTER LES FINANCEMENTS VERTS
L’audition, ce mardi 2 décembre 2025, du ministre d'État de l'Économie, des Finances, des Participations, de la Dette chargé de la lutte contre la vie chère, devant la Commission des affaires économiques du Sénat, marque une nouvelle donne dans la stratégie économique du Gabon. En présentant le projet de loi portant création de l’Agence gabonaise pour le développement de l’économie verte (AGADEV), le gouvernement affiche clairement son ambition : attirer davantage de financements internationaux liés au climat et faire de la monétisation des crédits carbone et biodiversité un levier de croissance.
Établissement public à caractère industriel et commercial, doté de l’autonomie administrative et financière, l’AGADEV aura pour mandat la mise en œuvre des mécanismes de financement de l’économie verte. Pour le Gabon, qui revendique déjà un rôle de pionnier en matière de préservation des forêts, cette agence représente une belle carte à jouer dans la compétition mondiale pour les fonds verts, un marché où les États doivent désormais mettre les bouchées doubles pour convaincre investisseurs et bailleurs.
L’un des enjeux majeurs réside dans la monétisation des crédits carbone et de biodiversité, un secteur en pleine expansion. En structurant la négociation, la certification et la commercialisation de ces actifs, l’AGADEV pourrait générer des revenus considérables. Les perspectives financières sont importantes : diversification des recettes publiques, création d’un marché plus lisible pour les entreprises engagées dans des projets bas-carbone, et financement de programmes de conservation au bénéfice des communautés locales.
Pour l’État, les retombées budgétaires attendues pourraient soutenir la consolidation des finances publiques et réduire la dépendance aux ressources extractives. Les entreprises nationales, elles, pourraient profiter d’un cadre plus attractif pour lancer des initiatives environnementales valorisables sur les marchés internationaux. Quant aux populations, notamment rurales, elles seraient susceptibles de bénéficier de nouveaux flux financiers liés aux projets de gestion durable des forêts, de reboisement ou de préservation de la biodiversité.
En dotant le pays d’un organisme structuré — avec un conseil d’administration, une direction générale et une agence comptable conforme aux règles de la comptabilité publique et au système OHADA — le gouvernement entend renforcer la crédibilité du Gabon. L’AGADEV pourrait ainsi devenir un véritable pôle d’excellence de l’économie verte, capable de transformer le capital naturel du pays en moteur durable de croissance.