PASSAGE OBLIGATOIRE PAR LES AUTO-ÉCOLES
Sécuriser les documents officiels, moderniser les procédures administratives et lutter contre la fraude : tels sont les objectifs affichés par le ministère des Transports et de la Marine marchande avec l’introduction prochaine du nouveau permis de conduire biométrique. Une réforme qui marque un tournant dans la gestion du permis de conduire au Gabon, dans un secteur longtemps confronté à des pratiques frauduleuses.
Une réforme technologique pour sécuriser le permis
Doté d’un hologramme, d’un code spécifique et d’une technologie NFC, le nouveau permis biométrique entend renforcer la sécurité de ce document officiel. Les autorités espèrent ainsi mettre fin aux falsifications et aux obtentions frauduleuses qui ont fragilisé la crédibilité du système pendant plusieurs années. Cette modernisation s’inscrit dans une volonté plus large de digitalisation des services publics, afin de rendre les procédures plus fiables et plus transparentes.
Pour les acteurs du secteur, cette évolution était devenue nécessaire. Robert Menié, acteur du secteur des Transports, souligne l’ampleur du problème :
« Dans un contexte où la fraude à l'obtention du permis était déjà (0:54) devenue presque banale, donc ça permet de sécuriser et de fiabiliser la procédure d'obtention du permis. Ça permet également, dans les pesanteurs d'obtention du permis, de gagner du temps puisque en digitalisant ça va plus vite et ça permet aussi une meilleure traçabilité financière de l'obtention des permis puisque tout le monde passera désormais par autre école, tout le monde passera par le trésor »
Une meilleure traçabilité financière
L’un des enjeux majeurs de cette réforme réside dans la traçabilité financière. Désormais, les candidats au permis devront suivre un circuit unique, encadré et centralisé, limitant les circuits parallèles et les paiements informels. Le passage systématique par les auto-écoles agréées et par le Trésor public vise à assainir le système et à garantir que chaque paiement soit enregistré.
Cette nouvelle organisation devrait également permettre à l’État de mieux contrôler les recettes générées par la délivrance des permis de conduire, tout en rassurant les usagers sur la légitimité de la procédure.
Un gain de temps pour les transporteurs
Au-delà de la lutte contre la fraude, le permis biométrique est perçu comme un gain de temps considérable pour les professionnels du transport. La digitalisation facilitera l’authentification rapide des permis et réduira les risques de pertes ou de contestations lors des contrôles.
Robert Menié explique :
« Au niveau des transporteurs, ça va nous faire gagner du temps pour un gain de temps dans l'authentification du permis de conduite puisque de fois il peut y avoir des pertes et des choses comme ça alors que si c'est digitalisé ça va très vite et donc on gagne du temps alors qu'on connaît la pesanteur qu'il y a souvent dans l'obtention des documents relatifs à la conduite automobile »
Sécurité routière : un débat
Si la réforme est globalement saluée, certains acteurs estiment toutefois qu’elle ne saurait, à elle seule, résoudre la question des accidents de la circulation. Pour eux, le problème dépasse largement la question de l’authenticité du permis.
Robert Menié nuance ainsi l’impact de la mesure :
« Concernant les accidents, le problème est ailleurs. On connaît quelles sont les principales causes des accidents de circulation. C'est première cause la vitesse, deuxième cause souvent l'état du chauffeur et troisième cause l'obsolescence du réseau routier. Pour cela, il y a d'autres solutions. Ça fait longtemps qu'on dit d'identifier les zones accidentogènes, de mettre des radars partout, de faire des limitations de vitesse dans certaines zones accidentogènes. À la limite, nous avions proposé à l'époque de plomber la vitesse concernant certains véhicules à usage de transport, de multiplier les co-tests pour vérifier l'état d'ébriété des transporteurs et d'améliorer le réseau routier, donc qu'on ne fasse pas paraître la digitalisation du permis comme une mesure phare pour réduire les accidents »
Une avancée, mais pas une solution unique
Le nouveau permis biométrique apparaît ainsi comme une avancée importante en matière de modernisation administrative, de sécurisation des documents et de transparence financière. Toutefois, la lutte contre l’insécurité routière nécessite une approche plus globale, combinant prévention, contrôle, infrastructures et responsabilisation des conducteurs. La digitalisation du permis n’est qu’une pièce d’un chantier plus important.