RDC : SURSIS AU 15 AOÛT
Un geste d’apaisement au cœur de la crise politique
La décision de reporter cette mobilisation, signée par les cinq leaders de la coalition, fait suite à l’appel lancé par la CENCO et l’Église du Christ au Congo (ECC), qui ont invité la C64 à assouplir sa position et à donner une chance au dialogue. Cette initiative religieuse, qui plane telle une épée de Damoclès sur la situation politique du pays, vise à éviter une vague de protestations qui aurait pu cristalliser les tensions déjà vives.
Selon le communiqué, ce report ne doit pas être interprété comme un renoncement. La Coalition tient mordicus à ses revendications et souligne qu’elle ne l’entend pas de cette oreille en ce qui concerne la défense des articles 70 et 220 de la Constitution, qui limitent à deux le nombre de mandats présidentiels.
La table du dialogue, une lueur d’espoir
La C64 réclame la convocation rapide d’un dialogue national inclusif, devant aborder les causes profondes de la crise congolaise. L’insécurité persistante à l’Est, les problèmes de gouvernance, les difficultés économiques et sociales, ainsi que les réformes nécessaires pour la réunification du territoire et la consolidation de la paix. Ce dialogue est perçu comme la seule lueur d’espoir permettant d’entrevoir le bout du tunnel dans une situation politique qui se détériore.
Néanmoins, la Coalition pose des conditions strictes, notamment des mesures de confiance et de décrispation politique pour garantir un climat serein favorable aux discussions. Elle avertit fermement le pouvoir contre toute tentative de poursuivre un changement constitutionnel, en particulier la promulgation d’une loi sur le référendum, qui ferait l’objet d’un rejet catégorique.
Un ultimatum clair pour le pouvoir
La véritable nouveauté réside dans l’ultimatum fixé par la C64. Si le dialogue national inclusif n’est pas officiellement convoqué avant le 15 août 2026, ou si les engagements pris restent lettre morte, la Coalition se réserve le droit de tirer toutes les conséquences politiques et d’appeler à la reprise des actions citoyennes pacifiques à travers le pays.
Cette échéance met la pression sur Félix Tshisekedi et son régime, qui doivent désormais démontrer leur bonne foi pour éviter que la situation ne dégénère davantage. Les structures de la C64, tant en RDC qu’à l’étranger, restent en état de mobilisation et d’alerte maximale, prêtes à réagir face à toute provocation.
Vers un apaisement fragile mais nécessaire
Le report de la marche éloigne provisoirement le risque d’une confrontation directe entre les militants de l’opposition et ceux de l’Union sacrée, qui avaient aussi prévu des rassemblements le 22 juillet. Mais la crise politique congolaise, caractérisée par une tension qui s’étend telle une tâche d’huile, est loin d’être résolue.
Le succès de la médiation des Églises dépendra désormais de la capacité du pouvoir à lâcher du lest en fixant rapidement les contours du dialogue : calendrier, participants, ordre du jour et garanties d’inclusivité. Ce processus est la clé pour transformer une situation explosive en une opportunité de réconciliation nationale.
En attendant, la Coalition Article 64 reste vigilante, consciente que les défis restent nombreux, mais déterminée à poursuivre son combat pour la défense de l’ordre constitutionnel et la paix en RDC.