CHUL, DÉSORMAIS, 10 000 FCFA PAR MOIS POUR DÉCROCHER UN STAGE MÉDICAL
Au Centre Hospitalier Universitaire de Libreville (CHUL), une nouvelle disposition administrative est au cœur des discussions dans les milieux universitaires et sanitaires. Désormais, certains étudiants souhaitant effectuer un stage au sein de l’établissement devront prévoir une contribution financière, une décision qui interroge sur le modèle de financement de la formation pratique dans les structures publiques de santé.
Plus qu’une simple question de frais, cette mesure pose un débat de fond : celui de l’accès équitable aux espaces d’apprentissage médical dans un contexte où la formation des professionnels de santé demeure un enjeu stratégique pour le pays.
10 000 FCFA par mois pour accéder au stage pratique
À travers une note d’information publiée il y’a quelques semaines, la direction générale du CHUL a fixé de nouvelles conditions pour l’accueil des stagiaires. Pour les candidats aux stages pratiques et de perfectionnement, la participation financière demandée s’élève à 10 000 FCFA par mois. Les concernés devront également régler 5 000 FCFA pour l’obtention du badge d’accès valable durant toute la période du stage.
Les stages d’immersion et d’observation sont également concernés par cette nouvelle organisation, avec l’obligation de prendre en charge les frais liés au badge. Une assurance responsabilité civile est par ailleurs exigée pour certains profils.
Une mesure qui intervient dans un contexte de pression sur les hôpitaux
Les établissements hospitaliers universitaires occupent une place centrale dans la formation des futurs professionnels de santé. Ils accueillent chaque année de nombreux étudiants venus se confronter aux réalités du terrain.
Cependant, cette mission implique des contraintes importantes : mobilisation du personnel médical, supervision des apprenants, utilisation des infrastructures et accompagnement pédagogique. La mise en place de ces frais peut ainsi être perçue comme une tentative de mieux organiser la gestion des stages et de répondre aux charges liées à l’accueil des étudiants.
Le principe d’égalité au centre des interrogations
Si la question du financement constitue un premier point de débat, la différence de traitement entre les catégories de stagiaires apparaît comme un autre sujet sensible. La note prévoit en effet une exemption pour certains apprenants, notamment ceux de l’Université des Sciences de la Santé (USS), de l’INFASS inscrits en formation initiale ainsi que certains agents du ministère de la Santé admis régulièrement en stage.
Cette distinction soulève une interrogation majeure : dans un établissement public, l’accès à la formation pratique doit-il dépendre de l’origine académique du stagiaire ?
Une nouvelle barrière financière pour les futurs soignants ?
Pour plusieurs observateurs, la principale inquiétude concerne l’impact de cette mesure sur les étudiants disposant de ressources limitées.
Même si le montant fixé peut sembler modéré, il représente une charge supplémentaire lorsqu’il s’ajoute aux autres dépenses liées aux études : transport, logement, fournitures ou équipements professionnels.
Dans les filières médicales, où les stages constituent une étape obligatoire avant l’entrée dans la vie professionnelle, la question du coût pourrait devenir un facteur déterminant dans l’accès à l’expérience clinique.
Une réflexion nécessaire sur l’avenir de la formation sanitaire
Le débat autour des stages payants au CHUL met en lumière une problématique plus large : celle du financement et de l’organisation de la formation médicale au Gabon.
Entre la nécessité pour les hôpitaux de disposer de ressources adaptées et l’obligation de garantir une formation accessible, le défi consiste désormais à trouver un équilibre.
Car derrière les 10 000 FCFA mensuels demandés aux stagiaires, c’est une question fondamentale qui se pose : comment former efficacement les professionnels de santé de demain sans créer de nouvelles inégalités dans leur parcours ?