PRESIDENTIELLE 2025 : ENTRE IDEOLOGIE ET INDIVIDUS QUE CHOISIR ?
Au Gabon, tout le monde parle de politique. Jeunes, vieux, enfants et femmes veulent tous appartenir aux associations et partis politiques pour soutenir des acteurs politiques.
Ce soutien n'est pas fortuit puisque ces zélateurs attendent des actes de reconnaissance en cas de victoire de leurs candidats.
Plusieurs personnes élues ne reviennent à leurs circonscriptions qu'aux prochaines joutes électorales, ce qui désappointe parfois les électeurs qui se disent trahis ou oubliés. D'autres élus locaux peu ou prou généreux nomment quelques personnes de leur cru, des nominations parfois empreintes de népotisme.Néanmoins il n'est pas rare de constater que certains leaders politiques se battent pour installer des fontaines publiques ou des cables électriques au grand bonheur des populations.
De façon générale, les sujets politiques passionnent les Gabonais. Les débats sont houleux.Sur les réseaux sociaux, les stars sont ces acteurs politiques et le public se positionne, certains pour, d'autres contre.
Mais la question de l'idéologie politique semble se noyer dans les méandres des joutes verbales axées sur des individus.Doit-on voter pour une personne parce qu'on la connait, parce qu'on est parent ou parce qu'elle a une idéologie qui nous correspond?
Quelles sont les idéologies politiques des leaders du Gabon?Peut-on parler d'idéologie dans un pays ou tout est presqu'à refaire?
En tout état de cause, il est plus qu'urgent que l'électeur s'intéresse à l'idéologie d'un homme politique avant de lui accorder son suffrage.
En plus d'être la science politique des idées, les idéologies politiques constituent un système de croyance sur la politique. A partir de l'idéologie politique d'un candidat, il est possible pour l'électeur de connaitre la vision du pays par celui-ci. Ceci vous évite de voter aveuglément. Les idées politiques incarnent des intérêts sociaux ou de classe.C'est l'idéologie qui permet aux électeurs d'entrevoir l'avenir du pays à partir du projet d'un candidat, essentiellement une idée de ce à quoi la société devrait ressembler.
Or,de ce que l'on constate dans les quartiers, il n y a rien de politiquement idéologique. Les candidats sont appréciés à partir de leurs actes s'ils avaient déjà eu un poste juteux auparavant, d'autres sont jugés par leurs rangs sociaux, les populations se basent sur des dons de nourriture ou quelques billets de Francs cfa pour élire une personne.Ceci témoigne du niveau de précarité sociale et morale dans lequel se trouvent les habitants des quartiers sous-intégrés de Libreville.Le message délivré par un candidat ne trouvera un écho favorable que si après la causerie les gens auront des bouteilles de vin ou l'argent du taxi.
A ce niveau, il est clair que l'idéologie politique n'a plus sa place.Le vote se base sur d'autres critères, la précarité ne fera que s'accroitre puisque plus le pauvre est de plus en plus pauvre, plus le pouvoir du dirigeant est renforcé.Il est déifié.Il est temps pour les Gabonais de sortir de cette situation.
A quelques semaines de la campagne présidentielle, il est impérieux que le choix d'un candidat se base sur son idéologie ou projet de société. Des sacs de viande, de poisson, des bouteilles de vin ne peuvent pas aider à avoir un choix lucide.Il faut de la fièrté dans le vote, de la rigueur, de l'analyse avant de glisser son bulletin dans une urne.L'homme se satisfait peu du caractère infinitésimal du poids de son bulletin, au moins entend-il participer à quelque chose qui se remarque et qui s’affirme. Dans le choix des électeurs, il y a aussi une forme de prime à la réussite, l’envie d’accompagner l’histoire en train de s’écrire. À cet égard, tout ce qui peut se dire ou s’écrire, ou se lire dans les sondages, du succès ou des difficultés d’une campagne, revêt un caractère très prescripteur.
Le vote doit s’accorder avec les attentes du citoyen, il est aussi l’expression de ce que chacun prétend être dans la cité. Le choix d’un candidat doit correspondre à l’image que l’on a de soi, et que l’on souhaite donner. Être fier de ce pour quoi ou pour qui l’on vote, à ses propres yeux et aux yeux de ses proches. Comme tout comportement, la conformité avec ses propres valeurs et avec celles qui sont véhiculées par l’entourage entre en ligne de compte. Conformité ne voulant pas dire conformisme, et des formes de fierté bravaches sont souvent entendues dans les bouches des électeurs des partis antisystèmes. Ils y voient une affirmation de leur capacité à se révolter et, in fine, y trouvent une forme de dignité face à leur impression d’être négligés ou méprisés par les élites.
À la fierté d’accomplir son devoir de citoyen répond la fierté de ne pas être dupe d’un jeu politicien que l’on réprouve. Lorsque l’on interroge des abstentionnistes assumés, on comprend comment l’affirmation de soi est incompatible avec la participation politique dans un contexte de discrédit .
Si un électeur est important en tant qu’individu et si son vote est une part de lui, alors il ne doit pas le brader à des gens qui ne le méritent pas.C’est aussi une forme de dignité.
Parfois, la recherche du vote « qui correspond » se trouve en contradiction avec le désir d’avoir « un vote qui compte ». Le vote à venir au Gabon avec ses deux tours conforte la logique du « vote utile » au premier tour, face au risque de ne voir figurer au second aucun des candidats jugés compatibles avec ses valeurs et ses attentes.Face au risque d’un choix cornélien, beaucoup d’électeurs s’interrogent dès avant le premier tour sur le bon choix à faire.