INONDATIONS À LIBREVILLE: CETTE FOIS L’EAU EST MONTÉE BEAUCOUP PLUS HAUT À LA CITÉ POMPIDOU
Dans la nuit de lundi à mardi 18 mars 2025, une pluie battante s'est abattue sur Libreville, provoquant d'importantes inondations dans plusieurs quartiers de la capitale gabonaise. Les conséquences ont été dramatiques, avec des dégâts matériels considérables. Le quartier Cité Pompidou, souvent soumis aux aléas du climat, a été l'un des plus durement touchés.
Alphonse Ndoye, un habitant de longue date du quartier Pompidou, témoigne avec amertume de cette situation qui perdure depuis des décennies. À 90 ans, il se souvient de son arrivée dans ce quartier marécageux en 1975. Sa maison, bâtie dans une zone vulnérable, est régulièrement envahie par les eaux.
"L'eau rentre chez moi à chaque pluie. J'avais des locataires, mais après les dernières inondations, ils sont partis. Maintenant, ma femme et moi, nous vivons dans cette situation, sans aucune aide. Nous n’avons plus de locataire, et nous vivons au jour le jour"
raconte-t-il, la voix brisée par la résignation.

La situation est d’autant plus tragique qu'Alphonse Ndoye, comme beaucoup d’autres habitants, se retrouve impuissant face à l’ampleur des dégâts. La montée des eaux emporte avec elle des biens essentiels, des souvenirs de toute une vie, mais aussi des documents administratifs essentiels pour ces familles qui, faute de moyens, n’ont jamais quitté le quartier.
Nevil Tsiende, étudiant et résident du même quartier, déplore également la violence de la pluie qui, selon lui, a été bien plus forte et prolongée que lors des précédentes intempéries.
"Cette fois, l’eau est montée beaucoup plus haut. Nous avons tout perdu. Mon bac, mon certificat de bac, mes attestations… Tout est sous l’eau"
explique-t-il, accablé par la perte de ces documents essentiels à son avenir.
"Heureusement, j'ai fait une demande auprès du ministère, et je suis en attente d'une réponse. Mais je ne suis pas le seul. Beaucoup d'autres Gabonais sont dans la même situation"
ajoute-t-il.
Nevil Tsiende, comme ses voisins, a dû sauver ce qu’il pouvait, mettant ses affaires à l'extérieur pour tenter de les sauver de l’inondation. Cependant, cette situation semble inévitable à chaque fois que les pluies s'intensifient.
"Nous vivons un calvaire. Ce marécage où nous habitons nous condamne. À chaque pluie, nous sommes inondés, et à chaque inondation, nous perdons nos biens et nos papiers"
confie-t-il, l’espoir déçu par l'inaction des autorités.
Si la situation à Pompidou est particulièrement dramatique, elle n’est en rien un cas isolé. De nombreux quartiers de Libreville, dont la géographie marécageuse rend l’habitat difficilement viable, souffrent des mêmes maux. Les infrastructures de drainage sont insuffisantes, et la gestion de l’urbanisation laisse à désirer, entraînant des conséquences dramatiques pour les habitants.
Nevil Tsiende, comme de nombreux citoyens, appelle à une action urgente des autorités.
"Nous demandons de l'aide. Des solutions pour les zones marécageuses, des subventions pour entretenir les infrastructures et éviter de nouveaux dégâts"
plaide-t-il. Les citoyens ne demandent pas l’impossible, mais des mesures concrètes pour améliorer leur quotidien et éviter que ces drames ne se répètent à chaque saison des pluies.
Le manque d’entretien des canalisations et l’absence de viabilisation des zones à risque soulignent l’incivisme et la mauvaise gestion des infrastructures publiques. À chaque pluie diluvienne, les habitants sont confrontés à des désastres évitables, et pourtant, la situation semble se répéter année après année. Le désespoir des populations grandit, et avec lui, la question des responsabilités. Pourquoi des quartiers comme Cité Pompidou, à forte densité, continuent-ils d’être livrés à eux-mêmes face à des inondations récurrentes ?