TENTE UN RETOUR
Le Parti démocratique gabonais (PDG), pendant 55 ans au pouvoir et en chute libre depuis sa perte du fauteuil présidentiel en août 2023, revient sur le devant de la scène politique avec une ambition de montrer qu’il n’a pas dit son dernier mot. Avec 145 candidats investis aux législatives de septembre et octobre prochains, le parti tente un véritable baroud d’honneur, misant sur une stratégie bien huilée pour reconquérir ses bastions historiques, notamment dans le Haut-Ogooué et l’Ogooué-Lolo.
Blaise Louembe, président du PDG, semble déterminé à effacer les récents revers. Pour cela, il n’a pas fait dans la dentelle : des jeunes loups, des femmes engagées, mais aussi quelques anciens ministres et anciens barons d’Ali Bongo Ondimba ont été retenus. Ce mélange vise à huiler la machine d’un parti qui a pourtant déçu les Gabonais après plus de 50 ans au pouvoir. Certains y voient une tentative désespérée.
Fait notable, plusieurs poids lourds du passé n’ont pas été investis cette fois. Des figures comme Faustin Boukoubi ou Denise Mekam’ne ont été écartées, laissant place à une nouvelle génération. Un choix salué par une partie de la base, habituellement prompte à critiquer, mais cette fois globalement silencieuse. Les militants ont été consultés, ce qui a probablement évité les remous internes habituels.
Parmi les meilleurs spécimens choisis par le PDG, on retrouve Blaise Louembe lui-même, candidat dans le 1er arrondissement de Koula-Moutou, et Angélique Ngoma, fidèle au 2e siège de la Basse-Banio. Ils seront épaulés par d’autres visages connus comme Edgard Mboumbou Miyakou, Camélia Ntoutoume-Leclercq ou Pacôme Moubelet Boubeya, tous plusieurs fois députés.
Le PDG promet donc une bataille à ses concurrents dont l’Union des Bâtisseurs (UDB) l’épouvantail de ces élections législatives et locales, mais la route s’annonce longue. Dans la Dola, le duel au couteau entre Yves Fernand Manfoumbi et Mays Mouissi (UDB) sent le soufre. Pour beaucoup, cette élection ressemble à une dernière chance pour un parti qui a conduit le Gabon à la dérive et qui revient, pour certains, avec les mêmes vieux chevaux.