EN MISSION À OYEM
Dans le septentrion gabonais, un vent d’espoir souffle de nouveau sur Minkong, ce site agricole près d’Oyem (Woleu-Ntem) jadis emblématique de la café-cacao-culture nationale. En visite sur place, l’ambassadeur du Brésil au Gabon, Miguel Griesbach de Pereira Franco, ne tarit pas d’éloges sur ce patrimoine agricole qui pourrait bientôt renouer avec son passé glorieux.
Six mois après sa prise de fonction, le diplomate brésilien a choisi Oyem pour sa première grande mission économique à l’intérieur du pays. Accueilli par les parlementaires Marc Ona Essangui et Véronique Solange Okome Beka, ainsi que par le gouverneur Jules Djéki et le délégué spécial d’Oyem Jean-Christophe Owono Nguema, l’ambassadeur a livré un message très important : bâtir un partenariat durable, d’égal à égal.
« Mon message ici, c’est celui d’un représentant d’un pays qui veut coopérer avec les Gabonais, côte à côte. Pas seulement pour donner de l’argent ou attendre des résultats, mais pour construire ensemble quelque chose de solide et profitable des deux côtés »
a-t-il déclaré lors de la visite.
Minkong, avec ses 34 hectares, fut autrefois le cœur battant de la production nationale de cacao et de café, fournissant à lui seul plus de 90 % des récoltes à une époque aujourd’hui considérée comme une période faste. Ce chiffre record, jamais égalé depuis, illustre l’importance qu’avait ce site agricole. Pourtant, cela fait une belle lurette que les bâtiments sont en ruines et les plantations laissées en friche.
Face à cette réalité, l’ambassadeur du Brésil veut croire en une renaissance. Le projet baptisé Grand Minkong vise la réhabilitation complète du site, la création de coopératives agricoles, d’infrastructures sociales et même d’espaces d’agrotourisme. L’objectif est de faire de Minkong une vitrine de la relance agricole gabonaise et pourquoi pas, sa nouvelle capitale du cacao.
« Le Brésil et le Gabon partagent une tradition de cacao-culture. C’est un lien que nous voulons renforcer, avec les acteurs de terrain »
a insisté le diplomate, laissant entendre que le Brésil serait prêt à accorder carte blanche à certains experts pour appuyer la relance.
Mais pour réussir ce pari, des défis logistiques restent à relever : routes en mauvais état, accès limité à l’électricité et à la téléphonie mobile, autant de freins que les autorités locales espèrent lever rapidement.
“La relance du site agricole de Minkong à Oyem, appuyée par une coopération bilatérale avec le Brésil, constitue une opportunité stratégique. Elle peut revitaliser une filière agro-exportatrice jadis florissante, générer des emplois ruraux, et dynamiser l’économie locale. La réussite du projet dépendra fortement des investissements en infrastructures, de la structuration des coopératives et d’un accompagnement technique durable des producteurs”
souligne un expert proche du dossier.