tvplusafrique

Fait divers

POISON DESTINÉ À TUER LES RATS

POISON DESTINÉ À TUER LES RATS
Nzeng-Ayong, quartier Fromager, dans le 6e arrondissement de Libreville. Une maison, une famille brisée. Trois enfants empoisonnés par leur propre père.

Nzeng-Ayong, quartier Fromager, 6e arrondissement de Libreville. Une maison modeste, désormais hantée par le silence. Trois petites vies fauchées en pleine innocence. Un père devenu tueur. Et un quartier frappé de stupeur.


Les faits, glaçants, ont secoué toute la communauté. Un homme, de nationalité camerounaise, a avoué avoir empoisonné ses trois plus jeunes enfants à l’aide d’un puissant produit chimique destiné, à l’origine, à exterminer les rats. Le poison, mêlé au repas familial, s’est transformé en arme redoutable. Les enfants ont succombé presque immédiatement après l’ingestion. Leur mère, également touchée, a été sauvée in extremis et reste, à l’heure actuelle, en soins intensifs à l’hôpital. Son pronostic vital reste engagé.


Edna, la tante des enfants, les larmes aux yeux et la voix étranglée, est retournée sur les lieux du drame.


« Je n’arrive pas à comprendre. Comment un père peut-il faire ça ? »


murmure-t-elle. Selon elle, il ne pouvait pas avoir agi seul. Et elle n’est pas la seule à en douter. D’après les premiers éléments de l’enquête, l’homme aurait été aidé. Il a d’ailleurs mentionné un complice lors de son interrogatoire : un certain Thierry, avec qui il aurait acheté le poison. Thierry est depuis introuvable. Il a pris la fuite, franchissant le rubicon de la légalité, abandonnant derrière lui les cadavres de trois enfants et les soupçons d’un acte collectif prémédité.


Le quartier Fromager est en état de choc. « Des frissons me parcourent l’échine chaque fois que je repense à cette journée », confie un voisin, encore abasourdi. Les habitants, médusés, peinent à comprendre l’horreur qui s’est déroulée dans cette maison qu’ils côtoyaient tous les jours. Le père de famille, qui partageait sa vie avec la même femme depuis de longues années, avait eu huit enfants avec elle. Ce sont les trois derniers qu’il a sciemment envoyés à la mort.


« C’est un acte monstrueux, inhumain »


dénonce l’oncle de la mère, la gorge nouée par l’émotion.


« Ce n’est pas juste une tragédie familiale, c’est un crime contre la vie »


Les motivations du père restent, pour l’instant, floues. Aucun mobile clair n’a émergé des aveux. L’enquête, désormais élargie, se poursuit pour déterminer l’existence d’éventuelles complicités.


Ce drame, d’une cruauté indicible, laisse derrière lui une famille dévastée et un quartier traumatisé. 


 

Par Pamphile EBO

Top Articles