UN KILOMÈTRE ET DEMI
À l’occasion du bilan des 100 premiers jours du gouvernement, le ministre des Travaux publics et de la Construction, Edgard Moukoumbi, a levé le voile sur l’état d’avancement des grands projets d’infrastructures en cours. Du très attendu boulevard de la Transition à la livraison de logements sociaux, en passant par les chantiers de modernisation urbaine, le ministre a donné un aperçu concret de la dynamique engagée dans son secteur.
Symbole des ambitions de développement urbain, le boulevard de la Transition, long de 3 kilomètres, a longtemps alimenté les discussions et les spéculations. Aujourd’hui, assure Edgard Moukoumbi, le projet est bel et bien lancé.
« Nous avons déjà réalisé environ un kilomètre et demi de terrassement. Le projet a récemment fait l’objet d’un remodelage, et nous comptons profiter de la saison sèche pour accélérer la cadence, à condition que les fonds soient rapidement débloqués »
a déclaré le ministre.
Cette infrastructure stratégique vise à fluidifier la circulation et à désengorger les quartiers environnants, tout en accompagnant le développement urbain de la capitale.
Logements sociaux : 360 unités livrées pour les déguerpis
Au-delà des routes, l’État investit aussi dans l'habitat social. Le ministre a annoncé la livraison récente de 360 logements dans le cadre du projet de relogement des personnes affectées par les opérations de déguerpissement, notamment à la Plaine Orety, près de l’Assemblée nationale. « Avec les 40 logements livrés plus tôt en 2024, nous avons atteint un total de 400 unités mises à disposition via l’Unité de coordination des études et des travaux (UCET), en collaboration avec la Société Nationale Immobilière », a-t-il précisé.
Ces logements représentent un soulagement pour les familles déplacées et illustre la volonté gouvernementale d’accompagner socialement les grands projets d’aménagement.
Des cités en construction et un urbanisme repensé
Les projets de grande envergure se poursuivent également dans les cités Émeraude et Démocratie, ainsi qu’au niveau du front de mer. L’objectif, selon le ministre, est de s’assurer que les travaux respectent les normes de qualité et de durabilité, conformément au plan national de construction.
Cependant, tout ne va pas encore à la vitesse espérée. À Bikele Nzong, par exemple, où 1 110 logements étaient initialement prévus, seuls 300 ont été livrés.
« Il faudra redéfinir le projet, l’enrichir avec des infrastructures collectives et éviter que ces nouveaux quartiers deviennent de simples villes-dortoirs »
a affirmé Edgard Moukoumbi.
Assainissement urbain : priorité aux bassins versants
Autre enjeu d’envergure : l’aménagement des bassins versants, indispensables pour éviter les inondations et accompagner les projets routiers et immobiliers. Le ministre a évoqué le bassin versant Sainte-Marie, qui s’étend de Mayenna à Jeanne Ebori, ainsi qu’un autre axe hydrique essentiel passant derrière l’ancien Jardin Botanique jusqu’aux bas-fonds de Guégué.
Ces travaux sont jugés essentiels pour débloquer d'autres chantiers majeurs, notamment celui du carrefour Camp de Gaulle.
« Il faut ouvrir, assainir, reloger si nécessaire, et surtout créer un cadre de vie moderne, avec des équipements publics, des espaces communautaires… pas juste du béton »
a insisté le ministre.
Financements et partenariats en ligne de mire
Pour concrétiser ces ambitions, l’État peut compter sur 20 milliards de FCFA de financement disponible via un prêt de la BDEAC. Pour l’instant, c’est toujours l’UCET qui reste maître d’ouvrage sur la majorité de ces projets. Mais selon le ministre, une réévaluation de certains accords pourrait s’imposer pour mieux adapter les moyens aux réalités du terrain.