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« AKERE MUNA DÉBOUTÉ DANS SA TENTATIVE D’INVALIDER BIYA »

« AKERE MUNA DÉBOUTÉ DANS SA TENTATIVE D’INVALIDER BIYA »
L’opposant et ancien bâtonnier Akere Muna avait introduit une requête visant à faire déclarer le chef de l’État inéligible. Mais la juridiction compétente a rejeté sa demande, la jugeant « insuffisante » et dépourvue des arguments juridiques nécessaires pour prospérer.

La scène politique camerounaise vient de connaître un nouvel épisode dans le débat autour de la candidature du président Paul Biya aux prochaines élections. L’opposant et ancien bâtonnier Akere Muna avait introduit une requête visant à faire déclarer le chef de l’État inéligible. Mais la juridiction compétente a rejeté sa demande, la jugeant « insuffisante » et dépourvue des arguments juridiques nécessaires pour prospérer.


Une contestation qui fait du bruit


Akere Muna, figure de l’opposition et avocat de renom, s’est appuyé sur des arguments constitutionnels et politiques pour contester la légitimité de la candidature de Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quatre décennies. Selon lui, l’âge avancé du président et la longévité exceptionnelle de son règne posent non seulement un problème démocratique, mais aussi une incompatibilité avec « l’esprit des lois » et la nécessité d’une alternance.


Cependant, la juridiction saisie a estimé que la requête manquait de fondements précis dans le droit positif camerounais. « Les éléments présentés sont insuffisants pour remettre en cause l’éligibilité du président en exercice », a tranché la cour, fermant ainsi la porte à toute remise en cause juridique immédiate de la candidature de Paul Biya.


Une bataille politique avant tout


Ce rejet illustre les limites des recours juridiques dans un pays où le système politique est fortement centralisé autour de la figure présidentielle. Pour de nombreux observateurs, la démarche d’Akere Muna relevait moins d’une perspective de victoire judiciaire que d’une tentative de marquer symboliquement le débat politique et de galvaniser une partie de l’opinion publique.


« Akere Muna savait que ses chances étaient faibles, mais il a réussi à attirer l’attention sur la question de l’alternance », analyse un politologue de Yaoundé. « Le rejet de la requête ne met pas fin au débat : il le déplace sur le terrain de l’opinion et de la mobilisation. »


Un contexte tendu à l’approche des élections


Alors que le Cameroun se prépare à de nouvelles échéances électorales, la candidature de Paul Biya continue de diviser. Âgé de plus de 90 ans, le président demeure une figure incontournable mais contestée. Ses partisans saluent sa stabilité et son expérience, tandis que ses opposants dénoncent un système verrouillé, où toute perspective d’alternance semble compromise.


La requête d’Akere Muna, bien qu’écartée, aura contribué à raviver ce débat. Elle met en lumière une opposition fragmentée mais toujours déterminée à contester la longévité du pouvoir présidentiel.


Et après ?


Si la voie judiciaire semble désormais close, le véritable terrain d’affrontement reste politique. Akere Muna et d’autres figures de l’opposition devront transformer cette bataille symbolique en stratégie électorale. De son côté, Paul Biya, fidèle à sa ligne de longévité et de silence maîtrisé, poursuit sa route vers une nouvelle candidature.


Une chose est sûre : le rejet de la requête n’éteint pas les interrogations sur l’avenir politique du Cameroun, où l’alternance demeure l’un des grands défis de la vie démocratique.

Par LINA M

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