ANCIENS CANDIDATS À LA PRÉSIDENTIELLE
Au Gabon, comme dans plusieurs pays africains, il est courant d’observer que des figures politiques ayant brigué la magistrature suprême ne se risquent pas ensuite aux scrutins législatifs ou locaux. Ce phénomène, récemment illustré par Alain-Claude Bilie-By-Nze du parti Ensemble pour le Gabon, Joseph Lapensée Essingone, Axel Stophène Ibinga Ibinga soulève plusieurs interrogations sur les motivations profondes de ces retraits successifs.
D’abord, nombreux sont ceux qui nourrissent une ambition exclusivement présidentielle. Pour ces candidats, viser un siège de député ou de conseiller local reviendrait à descendre d’un piédestal soigneusement entretenu. L’ego pèse lourd : après avoir visé le sommet, difficile d’accepter un rôle jugé secondaire. Pour certains, siéger dans une assemblée nationale, c’est comme atterrir au creux de vague après avoir tenté de voler trop haut.
Ensuite, la peur au ventre, certains préfèrent éviter les législatives et les locales, de crainte d’essuyer une déconfiture bien plus visible. La présidentielle permet de diluer les résultats derrière des contestations électorales ou des chiffres nationaux. Mais une défaite dans une circonscription donnée fait mordre la poussière en plein jour, révélant une absence de soutien populaire réel.
Il faut aussi reconnaître que beaucoup de ces candidats ne disposent pas d’un véritable ancrage territorial. Portés par des alliances de circonstance ou des discours tapageurs, ils se retrouvent sans militants, sans relais locaux, sans moyens. Dans ces conditions, difficile de descendre dans l'arène pour une véritable campagne de terrain.
À cela s’ajoute l’impuissance stratégique de certains hommes politiques : manque de financement, absence de cadres structurés et de logistique. Certains parmi les ex-prétendants à la présidence se retrouvent incapables de transformer l’essai sur le terrain. Ce retrait montre que ces ex-candidats à la présidentielle d’avril 2025 n’ont pas de véritable bastion politique. Tous ceux qui rêvent du sommet ne sont pas faits pour bâtir la base.