DES RÉMUNÉRATIONS DÉRISOIRES
Patrick Isaac Barbera, ministre du Travail, s’est rendu le 4 septembre dans la zone portuaire d’Owendo, véritable vitrine économique et porte d’entrée du Gabon. L'objectif de cette descente sur le terrain était d'évaluer les conditions de travail dans les entreprises portuaires, dialoguer avec les responsables et écouter les représentants du personnel. Accompagné de ses collaborateurs, le ministre a visité sept entreprises.
Cette tournée fait suite à plusieurs alertes sur la précarité des travailleurs, souvent pas considérés à leur juste valeur. Sur place, la réalité observée tranche avec l’image prospère du secteur : des millions sont brassés chaque jour, mais des employés croupissent dans des conditions difficiles, étranglés par des salaires de misère.
« Le travail que nous effectuons n’est pas du tout proportionnel à notre rémunération »
a confié un agent, visiblement épuisé. Un autre renchérit :
« Nous faisons face à la sous-rénumération malgré les risques liés à notre activité »
Des témoignages glaçants qui donnent une idée des difficultés que traversent bon nombre d'employés de ce secteur.
Le paradoxe saute aux yeux : alors que le port d’Owendo est au cœur des échanges commerciaux, ses ouvriers peinent à joindre les deux bouts. Cette situation reste en travers de la gorge de nombreux travailleurs, qui ont dû avaler bien des couleuvres au fil des années. Pour eux, cette visite ne doit pas rester symbolique.
La question qui brûle toutes les lèvres reste celle des rémunérations : une pilule amère que les travailleurs ne veulent plus avaler.