“40 À 50 % DE NOTRE PIB”
Le ministre de l'Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Marc-Alexandre Doumba, met en exergue un enjeu majeur de la modernisation économique du Gabon : l’intégration de l’économie informelle dans le tissu fiscal national. À travers sa récente déclaration, il souligne le poids considérable de ce secteur dans l’économie nationale et l’importance de sa transformation numérique. Mais aussi les pertes financières trop importantes qui n’arrangent pas les affaires du Gabon.
« Ça, c’est la première chose »
affirme-t-il, en insistant sur la nécessité d’élargir l’assiette fiscale. Pour le ministre, il est impossible de répondre aux ambitions budgétaires actuelles sans aller chercher des ressources là où elles sont encore peu exploitées. C’est dans ce contexte qu’il pointe du doigt l’économie informelle :
« Notre économie informelle est très dense, elle représente 40 à 50 % de notre PIB »
Ce chiffre impressionnant ramène à la surface un paradoxe inquiétant : une part majeure de la richesse nationale est produite hors du circuit fiscal formel. Pour Marc-Alexandre Doumba, il est donc impératif d’intégrer ces acteurs à travers la digitalisation des transactions et des services publics. L’objectif est double : améliorer la transparence des flux économiques et renforcer les recettes fiscales de l’État.
“Et lorsque les paiements se font en espèces, ces paiements-là, ces transactions, échappent à la TVA, à la TPS. Et donc l'idée, c'est que plus nous arrivons à orienter les paiements par support électronique, mobile money et autres, plus nous arriverons éventuellement à améliorer la collecte de nos taxes indirectes. Donc ça, c'est vraiment le deuxième levier”
Le ministre insiste également sur le levier que constitue la transition vers les paiements électroniques.
“Et puis bien sûr, il y a tous les paiements qui se font en espèces auprès de l'administration publique. Et vous savez, lorsqu’un usager se rapproche d'un prestataire de services publics, pour un paiement en espèces”
souligne Mark-Alexandre Doumba
“ce n'est pas toujours évident que la totalité de la prestation publique soit recouvrée par l'administration”
Selon lui, trop de transactions échappent encore à l’impôt à cause des paiements en espèces, notamment la TVA et d’autres taxes indirectes. Il est donc urgent de promouvoir les outils de paiement numérique, en particulier dans les petits commerces et les services administratifs.
Marc-Alexandre Doumba rappelle que ce changement de paradigme ne pourra se faire sans l’adhésion de tous :
« Nous devons habituer les Gabonais à changer leur manière de faire pour aller vers de nouvelles manières de faire »
Il reconnaît que ce virage numérique suscite des résistances, mais reste convaincu que cette transformation est essentielle pour bâtir « une nouvelle économie » plus inclusive, plus efficace, et plus juste.