SANS LIMITER LE RENOUVELLEMENT DE MANDAT
L'Assemblée nationale tchadienne a adopté ce 15 septembre 2025 une révision controversée de la Constitution, portant la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans, sans limitation du nombre de renouvellements. Le texte, proposé par le Mouvement Patriotique du Salut (MPS), parti au pouvoir, a été voté à une écrasante majorité : 171 voix pour, une seule contre et aucune abstention.
Selon le président de l’Assemblée, Ali Kolotou, il ne s’agit pour l’instant que d’« une prise en considération » du texte, et non d’une modification définitive. Celle-ci devra encore être validée par le Sénat, puis soumise à un vote final en Congrès le 13 octobre prochain, nécessitant une majorité des trois cinquièmes.
La réforme constitutionnelle touche plusieurs points clés. Outre le passage au septennat « rééligible », le texte crée un poste de vice-Premier ministre et prolonge le mandat des députés de cinq à six ans. Il retire également l’immunité aux membres du gouvernement pour les crimes économiques commis dans l’exercice de leurs fonctions.
Ce tour de force du pouvoir renforce la mainmise du président Mahamat Idriss Déby Itno sur les institutions. Fils du défunt président Idriss Déby, il avait été nommé président de la transition en 2021, avant d’être élu chef de l’État en mai 2024. Avec cette réforme, il consolide davantage son emprise sur le pays, enfonçant le clou d’un système déjà fortement verrouillé.
Critiquée par l’opposition et les organisations de la société civile, cette réforme est un nouveau resserrement de l’étau politique au Tchad, à l’approche d’échéances électorales très importantes.