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GABON : SCRUTIN SOUS TENSION – FRAUDES, BAGARRES ET CHAOS ÉLECTORAL À LIBREVILLE ET NTOUM

GABON : SCRUTIN SOUS TENSION – FRAUDES, BAGARRES ET CHAOS ÉLECTORAL À LIBREVILLE ET NTOUM
Alors que les élections locales et législatives se sont tenues récemment au Gabon, de nombreux incidents ont entaché le déroulement du vote dans plusieurs centres, notamment à Libreville et Ntoum. Tentatives de fraude, retards importants, affrontements… le scrutin a été loin d’être paisible.

Dès les premières heures de la journée électorale, de nombreux dysfonctionnements ont été signalés dans les principaux centres urbains, notamment à Libreville et dans la commune voisine de Ntoum. Dans plusieurs bureaux, l’ouverture a été retardée de plusieurs heures, provoquant des files d’attente interminables et un climat de tension chez les électeurs.


Plus inquiétant encore, des tentatives de fraude ont été rapportées par des observateurs et des citoyens. Dans certains centres, des électeurs ont dénoncé la présence de bulletins déjà remplis ou l'absence de leurs noms sur les listes électorales, malgré leur inscription préalable.


Des violences éclatent entre partisans de différents camps


À Ntoum, des affrontements physiques ont été rapportés entre partisans de candidats opposés. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des bagarres devant des bureaux de vote, obligeant les forces de l’ordre à intervenir pour rétablir le calme. Ces incidents ont conduit à la suspension temporaire du vote dans certains centres.


À Libreville également, des tensions sont montées d’un cran en milieu  de journée, lorsque plusieurs représentants de partis politiques ont contesté la régularité des opérations de dépouillement, pointant du doigt des pratiques opaques et des irrégularités flagrantes.


Un climat de méfiance généralisé


Ces événements viennent raviver la méfiance de la population envers le processus électoral gabonais, déjà marqué par une histoire récente de contestations et de suspicions. Plusieurs candidats de l’opposition ont dénoncé une organisation chaotique et appellent à l’annulation des résultats dans certaines circonscriptions.


La Commission nationale d’organisation et de coordination des élections et du référendum (CNOCER) n’a pas encore réagi officiellement à ces accusations, trop tôt . Quant aux missions d'observation rencontrées dans le quatrième arrondissement de libreville par exemple


"ceux sont des petits retards qui ne sont pas de nature à entraver le déroulement des élections , ils ont été vite rattrapés"


Mais les pressions se multiplient pour qu’une enquête indépendante soit diligentée afin de faire la lumière sur les nombreuses irrégularités relevées. Dans une publication explosive sur sa page Facebook datée du 27 septembre 2025, Mélia Matouka Mokoko, candidate représentant l’Union nationale à Makokou, a dénoncé des agissements troublants.


 La candidate souligne qu’il a été porté à la connaissance des électeurs, de manière tardive, que les bulletins de vote ne seront plus authentifiés, en contradiction avec les prescriptions du Code électoral en vigueur. Cette décision, officiellement recommandée par la Cour Constitutionnelle le 26 septembre 2025, viserait à contourner les difficultés liées à l’application de l’article 121, alinéa 6 de la loi organique n°001/2025 du 19 janvier 2025, qui précise que « les bulletins remis à chaque électeur doivent être authentifiés, en haut, par le président et, au bas, par les deux assesseurs du bureau de vote ».


 


Vers une contestation post-électorale ?


Alors que les résultats officiels sont encore attendus, les signaux d’une possible crise post-électorale se multiplient. Plusieurs formations politiques ont d’ores et déjà annoncé leur intention de contester les résultats devant les juridictions compétentes. A l'instar du  Front Démocratique Socialiste (FDS) qui dans un récent communiqué a exigé la reprise intégrale du vote  à Kango après l'amer constat du retrait illégal du bulletin FDS à Kango  . Un acte considéré comme   une fraude électorale manifeste. "Notre liste, validée par le ministère de l’Intérieur, a été neutralisée par les vieilles méthodes du PDG reprises par l’UDB. Le scrutin est faussé.  Déclare t'il dans un communiqué .


Dans un pays où la transparence du processus électoral est régulièrement remise en question, ce scrutin aurait pu être l’occasion de restaurer la confiance. Au lieu de cela, il semble avoir ravivé les fractures politiques et sociales du pays.

Par LINA M

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