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ÉLECTIONS EN TROMPE-L'ŒIL : QUAND L’ESPOIR DÉMOCRATIQUE SE HEURTE À LA RÉALITÉ

ÉLECTIONS EN TROMPE-L'ŒIL : QUAND L’ESPOIR DÉMOCRATIQUE SE HEURTE À LA RÉALITÉ
Au lendemain des élections couplées législatives et locales organisées au Gabon, l’ancien Premier ministre Raymond Ndong Sima est sorti de son silence. Dans un message publié sur sa page Facebook, il a livré une réaction sans ambiguïté face aux nombreuses contestations et irrégularités dénoncées sur l’ensemble du territoire.







 














Mais à l’heure du premier test électoral post-transition, les espoirs se heurtent à une réalité brutale : les vieux démons n’ont pas disparu. Ils semblent même avoir été institutionnalisés.


Le 30 août 2023 symbolisait un tournant historique : la fin d’un régime, l’ouverture d’une transition censée réconcilier le pays avec les principes démocratiques. De nombreuses réformes avaient été lancées, promettant un renouveau. Dialogue national, référendum, présidentielle : autant d'étapes qui laissaient penser que le pire était derrière nous.


Bureaux de vote verrouillés

Des témoignages venus de toutes les régions pointent une anomalie flagrante : la mainmise du parti présidentiel sur les bureaux de vote. Dans plusieurs zones, les commissions locales ont été presque entièrement composées de ses militants ou sympathisants.


Pire : des partis pourtant légalement engagés dans le scrutin n’ont pas pu désigner de scrutateurs. Résultat : un contrôle unilatéral du processus, qui sape la confiance dans le verdict des urnes.


Procurations suspectes, électeurs invisibles

Autre dérive inquiétante : la gestion opaque des procurations. Dans plusieurs communes, des citoyens ont découvert que leur vote avait été exprimé... à leur insu. Des procurations auraient été attribuées sans vérification, ni consentement clair.


Pendant ce temps, les listes électorales restent truffées de noms de personnes décédées, dont les cartes sont activement utilisées. Le ministère de l’Intérieur, pourtant régulièrement informé, reste silencieux.


Transhumance électorale : la mascarade continue

Autre phénomène dénoncé : les "électeurs-transhumants", convoyés par bus entiers dans des zones électorales où ils n’ont aucun lien. L’objectif ? Faire pencher la balance dans des circonscriptions ciblées et imposer des candidats venus de l’extérieur.


Ce scénario, déjà bien connu des observateurs, s’est encore intensifié, transformant des élections locales en un simulacre de démocratie. 


Une transition qui tourne en rond ?

Ce scrutin devait valider le processus de transition. Il révèle au contraire la persistance des pratiques les plus décriées : clientélisme, manipulation, fraude et exclusion des forces politiques alternatives.


Pour beaucoup, c’est un retour pur et simple à la case départ. Un cycle qui se répète, malgré les promesses de changement. Et avec lui, la crainte que les sacrifices consentis depuis août 2023 aient été vains.


Si les autorités souhaitent restaurer un minimum de légitimité, des mesures fortes s’imposent :


  • Audit et refonte du fichier électoral ;




  • Accès équitable aux bureaux de vote pour toutes les formations politiques ;




  • Encadrement rigoureux des procurations ;




  • Sanctions contre les auteurs de fraudes avérées.




Tant que ces chantiers ne seront pas ouverts, chaque scrutin risque de nourrir la défiance, plutôt que la démocratie.








Par LINA M

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