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ÉLECTIONS AU GABON : LE SCANDALE DES PROCURATIONS FANTÔMES

ÉLECTIONS AU GABON : LE SCANDALE DES PROCURATIONS FANTÔMES
Au lendemain des élections couplées au Gabon, organisées dans un climat tendu et scruté par toute la communauté internationale, des témoignages alarmants émergent. Dans plusieurs localités, des citoyens découvrent avec stupeur que leur vote a été exprimé… à leur insu.

Dans les communes de Libreville, Owendo, Port-Gentil ou encore Oyem, des dizaines de plaintes émergent sur les réseaux sociaux et dans les médias indépendants. Des Gabonais vivant à l’étranger, absents le jour du vote, ou tout simplement non inscrits, ont été surpris d’apprendre que leur bulletin avait été "déposé" via procuration.


Or, selon le Code électoral gabonais, toute procuration doit faire l’objet d’une demande expresse et être validée par une autorité compétente, avec signature des deux parties. En théorie seulement : dans les faits, plusieurs procurations semblent avoir été établies sur simple déclaration orale d’un tiers, parfois sans vérification d’identité. Un procédé qui ouvre grand la porte aux abus.


Le Président Oligui montre l'exemple par procuration


En déplacement à l’étranger pour des raisons diplomatiques le 27 septembre, jour du scrutin, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a tenu à accomplir son devoir civique via une procuration, comme le permet le Code électoral gabonais (articles 149 et 150). Son mandataire, le Capitaine Ingo Novunza, a voté en son nom dans le strict respect des procédures légales. Ce geste, présenté comme un acte symbolique, vise à encourager les Gabonais à participer massivement aux élections pour renforcer la démocratie et les institutions nationales.


 


Que dit la loi gabonaise ?


Le Code électoral gabonais, dans ses articles relatifs au vote par procuration, prévoit des conditions strictes :




  • Le mandant (celui qui donne procuration) doit faire une demande motivée.




  • Le mandataire doit être inscrit sur la même liste électorale.




  • La procuration doit être validée par un commissaire de police ou une autorité habilitée.




Mais la loi reste muette sur les modalités précises de vérification d’identité ou de consentement formel. Cette zone grise juridique est aujourd’hui exploitée par certains pour manipuler le processus à leur avantage, en toute impunité.


Des élections entachées de soupçons


Avec ces révélations, c’est toute la crédibilité des élections couplées qui vacille. La société civile, les partis d’opposition et certains observateurs internationaux dénoncent une organisation précipitée, des listes électorales non auditées, et maintenant, des votes "volés" via des procurations douteuses.


Cette situation alimente un climat de méfiance généralisée, dans un pays où la Transition était pourtant censée ouvrir une ère de refondation démocratique.


Et maintenant ? Vers une réforme indispensable


Face à cette dérive, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer une réforme urgente du vote par procuration au Gabon. Des propositions émergent :




  • Digitalisation et traçabilité des procurations ;




  • Obligation de validation notariale ou judiciaire ;




  • Registre public des procurations consultable par tout électeur.




Le défi est clair : restaurer la confiance dans les mécanismes électoraux, sans quoi toute transition risque de n’être qu’un habillage démocratique d’un système inchangé.


 une légitimité à double tranchant


Alors que les résultats officiels sont encore fraîchement proclamés, une ombre plane déjà sur cette élection : celle d’un processus qui n’a pas respecté les droits fondamentaux de nombreux électeurs. La question n’est plus seulement "qui a gagné ?", mais "à quel prix ?" Et surtout : "au nom de qui ?"

Par LINA M

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