RÉTABLIR L'ÉQUILIBRE BUDGÉTAIRE
Le ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations a tranché dans le vif. Dans un communiqué publié le 6 octobre 2025 dans L’Union, il annonce la suppression pure et simple de toutes les ordonnances en instance de règlement au Trésor public antérieures à 2023. Fini les errements budgétaires et l’opacité comptable : cette décision obéit à une nouvelle donne voulue par le gouvernement pour assainir les finances publiques et restaurer la confiance dans la gestion de l’État.
Fruit des audits engagés en 2023, cette mesure marque un changement radical dans la manière dont le pays gère ses engagements. Le ministère affirme vouloir en avoir le cœur net sur la validité des créances en souffrance. Les entreprises concernées, disposant de dossiers complets (ordonnances, factures, procès-verbaux), ont jusqu’au 17 octobre pour les déposer auprès de la Task Force dédiée. L'objectif est de distinguer les créances légitimes des irrégulières et mettre fin à un système devenu source de déséquilibre budgétaire.
Selon un haut cadre du ministère, il était temps de « clarifier et remettre de l’ordre dans nos comptes ». Il est question d’innover dans la gouvernance publique, où rigueur, transparence et performance deviennent des priorités. Cette décision vise aussi à restaurer la crédibilité du Gabon auprès des institutions financières internationales, en envoyant un signal fort sur sa capacité à réformer.
“La suppression des ordonnances impayées antérieures à 2023 par le ministère de l’Économie constitue une décision stratégique qui présente plusieurs avantages majeurs pour l’économie gabonaise. Premièrement, elle permet d’assainir les finances publiques en éliminant des passifs budgétaires anciens et souvent opaques. Ce qui améliore la lisibilité des comptes de l’État. Deuxièmement, cette réforme renforce la transparence et la rigueur dans la gestion budgétaire, conditions essentielles pour restaurer la discipline financière et éviter l’accumulation de dettes non contrôlées. Elle contribue à rétablir la confiance des partenaires économiques et des institutions financières internationales, en montrant que le pays est engagé dans une gouvernance responsable et dans la régularisation de ses engagements. A mon sens, cette décision crée un environnement plus sain pour les entreprises locales, en clarifiant leurs relations avec l’État et en garantissant que seules les créances légitimes seront honorées, ce qui favorise la prévisibilité et la stabilité des échanges économiques”
analyse un enseignant de l’Institut national des sciences de gestion (INSG).