GABON : ACCUSATIONS DE FRAUDE ÉLECTORALE ,À OWENDO L'OPPOSITION MONTE AU FRONT ET INTERPELLE LE CHEF DE L'ÉTAT
À Owendo, des voix s’élèvent pour dénoncer des « irrégularités graves » lors des élections locales et législatives. Bulletins absents, PV non remplis, observateurs passifs… la coalition citoyenne née au lendemain des élèctions couplées du 27 septembre dernier parle de fraude organisée et interpelle le chef de l’État.
Bulletins manquants et vote lancé malgré tout
L’un des exemples cités concerne le bureau de vote n°12 du centre de La Cour Naplu, où le bulletin du candidat Bakhita était introuvable à l’ouverture du scrutin. Malgré cette anomalie, les opérations ont débuté à 8h, privant ainsi l’électorat du choix de ce candidat jusqu’à 11h. « C’est une injustice flagrante », dénonce l’orateur. Aucun observateur n’aurait stoppé le processus, alors que la loi impose l’égalité des conditions pour tous les candidats.
PV non remplis, signatures douteuses
Autre grief majeur : la circulation de procès-verbaux pré-signés mais vides. « Ils sont signés, mais les résultats n’y figurent pas. On les remplit après coup, selon la volonté des organisateurs », accuse l’opposition. Une pratique assimilée à une fraude manifeste, selon eux, et documentée par des preuves matérielles.
Appel au président, malgré la compétence de la Cour
Interrogés sur le choix d’interpeller le président de la République plutôt que la Cour constitutionnelle, les opposants répondent qu’ils s’adressent à lui en tant que garant suprême de la nation. « Ce monsieur, qui travaille à redorer l’image du pays, ne peut cautionner un tel massacre électoral. Il n’a pas le pouvoir d’annuler l’élection, certes, mais il peut influencer pour que cette mascarade ne prospère pas. »
Vers des recours légaux ?
S’ils admettent ne pas encore avoir saisi officiellement les juridictions compétentes, les intervenants affirment que la procédure est en cours. Ils attendaient la proclamation provisoire pour formaliser leur démarche. En attendant, ils appellent à la mobilisation citoyenne, espérant que la pression populaire et médiatique conduira à une réévaluation des résultats.
Le second tour sous tension
Alors que le second tour approche, des rumeurs de rapprochements entre certains candidats éliminés et l’UDB circulent. Si l’opposition se garde d’en commenter les détails, elle prévient que seule une élection juste et transparente peut restaurer la confiance dans les institutions.
Face aux irrégularités dénoncées et aux tensions croissantes, la coalition des candidat indépendant de la commune d'Owendo pose la question de fond : la démocratie peut-elle se construire sur des bases aussi fragiles ? Le 11 octobre, date du second tour, pourrait être décisive non seulement pour les candidats, mais aussi pour la légitimité du processus électoral tout entier.