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« JE NE SUIS PAS SÛR DE LES REVOIR »

« JE NE SUIS PAS SÛR DE LES REVOIR »
Romain Granjon vit un cauchemar depuis trois mois.

Romain Granjon vit un cauchemar depuis trois mois. Ce père de famille, habitant de Mions, dans la banlieue lyonnaise, est sans nouvelles de ses trois enfants depuis leur départ pour le Gabon, avec leur mère, en juillet dernier. En pleine procédure de divorce, il tente désormais de tout faire pour les ramener en France.


« Je n’ai aucun contact direct avec mes enfants depuis un appel du 20 juillet », confie-t-il, la voix fatiguée. Ce jour-là, il parle une dernière fois avec Noa, son benjamin de 10 ans, atteint d’un trouble du spectre autistique. Depuis, plus rien.


Romain Granjon explique que son épouse, d’origine gabonaise, est partie « en catimini le 7 juillet ». Les enfants – Tissia, 18 ans, Yohan, 15 ans, et Noa – devaient rentrer le 28 juillet. Mais « ils ne sont jamais revenus. Ils sont chez sa famille, au Gabon ».


En septembre 2024, Romain annonce à sa femme son intention de divorcer. La séparation est difficile. Au printemps 2025, il déménage à un kilomètre du domicile familial. Aucun accord de garde n’est mis en place en attendant une audience prévue pour décembre 2025. Il réussit malgré tout à voir Noa quelques jours par semaine.


Craignant un départ précipité à l’étranger, il alerte la préfecture du Rhône. « J’ai averti la préfecture via leur plateforme en ligne pour demander une opposition de sortie du territoire », raconte-t-il. Il fournit alors des billets d’avion pour Libreville et des messages suspects. Mais sa demande est rejetée. « Vu qu’il y avait des billets retour, ils ont refusé », s’insurge-t-il. La préfecture répond que « le risque doit être caractérisé » pour ce type de procédure exceptionnelle.


Depuis, Romain Granjon n’a plus de nouvelles. « J’ai proposé de fournir des éléments complémentaires et on m’a fermé la porte sur le nez », déplore-t-il. Sa compagne est injoignable. « Son téléphone ne borne plus. »


Il sait désormais que ses deux garçons sont scolarisés à Libreville. Sa fille aînée, majeure, a obtenu son bac en France. Mais il reste sans solution concrète. « Psychologiquement, c’est très difficile, souffle-t-il. Les gens autour de moi parlent de la rentrée de leurs enfants, moi je ne le fais pas. Je ne suis même pas sûr de les revoir. »

Par Pamphile EBO

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