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SUSPEND MADAGASCAR

SUSPEND MADAGASCAR
L'Union africaine n'a pas tardé à réagir après la prise du pouvoir par les militaires à Madagascar.

L'Union africaine n'a pas tardé à réagir après la prise du pouvoir par les militaires à Madagascar. Dans un communiqué publié mercredi 15 octobre 2025, l'Union africaine a suspendu la Grande Île de ses institutions avec effet immédiat. Plusieurs autres pays du continent sont également suspendus suite à des coups d'État militaires.


Le Conseil paix et sécurité de l’Union africaine condamne avec vigueur la prise de pouvoir par les militaires à Madagascar, qu’il considère comme un changement inconstitutionnel contraire aux principes fondamentaux de l’UA. En conséquence, Madagascar est suspendu de toutes les instances, organes et institutions de l’Union, avec effet immédiat, jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel. Dans son communiqué, le Conseil appelle les forces armées malgaches à cesser toute ingérence dans la vie politique, sous peine de sanctions à l’encontre des auteurs du coup d’État. Il appelle également à un retour rapide à l’ordre constitutionnel par la mise en place d’un gouvernement civil de transition, la tenue d’élections dans les meilleurs délais, ainsi qu’un dialogue national inclusif.


Le colonel Michael Randrianirina lui, a été officiellement invité, mardi 14 octobre 2025, par la Haute Cour constitutionnelle malgache à assumer les fonctions de chef de l'État, à la suite d’un constat de vacance du pouvoir. Cette décision ouvre une nouvelle page dans la vie politique malgache, alors que le pays traverse une grave crise institutionnelle et sociale.


Peu connu du grand public jusqu’à récemment, Randrianirina, 51 ans, s’était illustré le 11 octobre dans une vidéo appelant les forces de sécurité à désobéir aux ordres de répression contre les manifestants. Originaire de l'extrême sud de Madagascar, il a été gouverneur de la région de l’Androy de 2016 à 2018, après avoir commandé le bataillon d’infanterie de Tuléar. Figure critique du régime d’Andry Rajoelina, il avait été emprisonné entre novembre 2023 et février 2024 pour incitation à la mutinerie, avant d’être condamné à un an de prison avec sursis pour atteinte à la sûreté de l’État.


Sa prise de parole samedi dernier a accéléré les évènements. Il y dénonçait


« le piétinement de la Constitution, le bafouement des droits humains et le gaspillage des ressources nationales »


tout en affirmant vouloir répondre aux revendications populaires. Le mardi 14 octobre, à la tête de l’unité militaire CAPSAT, il s’est rendu au palais présidentiel à Antananarivo pour annoncer que l’armée prenait le contrôle du pays.


Bien qu’il soit devenu le visage de cette prise de pouvoir, Randrianirina continue de se présenter comme un simple exécutant. Il affirme que son action vise à combler le vide institutionnel :


« Il n’y a plus de président, plus de président du Sénat, plus de gouvernement »


déclarait-il récemment.


Le nouvel exécutif fait désormais face à un double défi : stabiliser la situation interne et convaincre la communauté internationale qu’il ne s’agit pas d’un coup d’État. Des discussions ont été entamées avec la Haute Cour constitutionnelle pour légitimer cette transition.


Le colonel a annoncé la nomination prochaine d’un Premier ministre chargé de former un gouvernement civil, ainsi que l’organisation d’élections dans un délai de 18 à 24 mois. 


 

Par Pamphile EBO

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