MBINA BOUSCULE NTOUTOUME LECLERCQ
Le premier tour des élections législatives partielles du 18 octobre à Ntoum a livré un verdict inattendu. Mbina Elfox Loyola de l’Union Pour la République (UPR), outsider aux allures de petit poucet, a contraint Camélia Ntoutoume Leclercq, pourtant grandissime favorite, à un second tour épique. Annoncé comme une formalité pour la ministre, figure du Parti Démocratique Gabonais (PDG), le scrutin s’est transformé en remise en cause du membre du gouvernement, avec des électeurs bien décidés à bousculer la hiérarchie établie.
Avec 2 602 voix (47,26 %), Ntoutoume Leclercq manque l'élection dès le premier tour. Derrière elle, Mbina Elfox Loyola récolte 941 voix (17,09 %), talonné par Zéphirine Etotowa Ntutume de l’UDB (903 voix, 16,40 %). Cette dernière, a manqué le coche de seulement 38 voix. Une cuillère de bois amère pour l’UDB, qui voit sa candidate éjectée du second tour, et se retrouve désormais au cœur du jeu des alliances, entre fidélité politique et revirements stratégiques.
Quant à Camélia Ntoutoume Leclercq, plusieurs fois ministre depuis l’ère Ali Bongo jusqu’à celle de Brice Clotaire Oligui Nguema, elle est poussée dans ses derniers retranchements. Malgré une campagne active et très visible sur les réseaux sociaux, elle n’a pas su convaincre dans plusieurs centres de vote où elle a carrément mordu la poussière. À Ntoum, où elle n’a tenu que peu de ses promesses, l' hégémonie du PDG semble s'effrite sérieusement.
En face, Elfox Mbina incarne une figure neuve, tranchant avec les visages usés du paysage politique dans la commune. Avec un discours direct, sans langue de bois, et une critique ferme de l’immobilisme, il a su capter l’aspiration au changement. Le rêve est permis, souffle-t-on dans son camp. Et même si l’homme partait de loin, il s’offre désormais un duel David contre Goliath où la messe n’est pas encore dite.
“ Pour que Mbina Elfox Loyola (UPR) l’emporte face à la candidate PDG au second tour, il doit impérativement bâtir une alliance solide avec l’UDB (16,40 %) et l’UN (13,88 %). Un pacte programmatique autour de la gouvernance de la commune, de la transparence et de l’emploi pourrait rallier leurs électorats. Un soutien, même implicite, de l’indépendant Salahondo (5,38 %) renforcerait cet axe anti-PDG. La mobilisation des abstentionnistes, notamment jeunes, sera également décisive pour inverser la dynamique”
explique une source de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH) de l’Université Omar Bongo (UOB).
Alors que Ntoutoume Leclercq qui n’est plus dans son assiette joue désormais son fauteuil au gouvernement, l’équation du second tour se complique : l’UDB et l’UN devront choisir leur camp, entre ralliement stratégique, trahisons ou neutralité. Ce second tour s’annonce explosif, et le PDG pourrait bien mordre la poussière à Ntoum.