« N’A NULLEMENT POUR BUT DE CONCURRENCER LE SECTEUR PRIVÉ »
Dans une intervention dense et stratégique, la ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvomo, a levé le voile sur les mécanismes que le gouvernement met en place pour faire face à la cherté de la vie au Gabon. Son discours s’est articulé autour d’un objectif central. Celui de faire de la centrale d’achat un levier efficace de réduction du coût de la vie pour les Gabonais.
Au cœur de cette stratégie, la ministre a tenu à rappeler que son département joue un rôle transversal essentiel, notamment dans le suivi, la cohérence et l’anticipation.
« Il va être nécessaire pour nous d’avoir une idée très précise des produits que nous allons suivre, nous assurer de leur coût sur le marché et voir l’impact sur le train de vie des populations »
a-t-elle expliqué à Gabon1ère. Elle a insisté sur la nécessité d’avoir des données fiables et actualisées pour évaluer l’efficacité des mesures.
Voir quelle est l’évolution des prix des articles que les Gabonais consomment le plus
Dans cette optique, elle a mis en avant les enquêtes menées par la Direction générale de la statistique, bientôt érigée en Institut national de la statistique.
« L’enquête harmonisée sur l’indice des prix à la consommation est un moyen pour nous de voir quelle est l’évolution des prix des articles que les Gabonais consomment le plus »
a précisé Louise Pierrette Mvomo. En parallèle, une autre enquête importante, celle sur les prix de gros des matériaux de construction, a été relancée. Elle cible quatre produits majeurs : le sable, le gravier, le fer à béton et le ciment.
L'enjeu est de taille, car l’ambition gouvernementale repose sur une cohérence multisectorielle.
« Il faut qu’il y ait une cohérence dans nos activités, dans nos actions, de manière à ce que chaque maillon soit prêt au moment où il faut, pour qu’il y ait un impact sur la vie des populations »
a-t-elle souligné.
Il ne s’agit nullement de concurrencer le secteur privé
La ministre a également tenu à répondre aux critiques concernant un éventuel retour à un interventionnisme étatique excessif. Selon elle, il ne s’agit nullement de concurrencer le secteur privé, mais de mettre en place des outils pour soutenir les Gabonais.
« Nous n’avons en aucun cas l’intention d’intervenir dans des secteurs qui ne le nécessitent pas. Il s’agit de moyens mis en œuvre pour améliorer de manière significative les conditions de vie des populations »
a-t-elle précisé.
La question de la qualité des produits consommés par les Gabonais est aussi un axe central de cette réforme.
« Le lien entre la qualité des produits que l’on consomme et la santé est extrêmement important »
a rappelé la ministre, mettant en lumière les risques liés aux importations incontrôlées. L’État souhaite ainsi renforcer le contrôle sur la chaîne de distribution et de stockage des produits.
Coordination entre les ministères de l’Agriculture, des Travaux publics et du Commerce
Pour atteindre ces objectifs, la ministre a insisté sur la planification stratégique et la coopération intersectorielle. Des groupes de travail ont été constitués entre ministères pour garantir l’efficacité de la mise en œuvre. Elle a pris l’exemple de l’arrêt prochain de l’importation du poulet de chair, qui implique une coordination entre les ministères de l’Agriculture, des Travaux publics et du Commerce.
Sur la question essentiel de l’impact réel pour les ménages, elle se veut pragmatique :
« Les mécanismes de suivi sont en train d’être mis en œuvre par le secrétariat général du gouvernement, et nous pensons que les populations gabonaises, de manière constructive, vont contribuer à cela »
a-t-elle affirmé, convaincue que l’implication citoyenne est également une clé du succès.
«Ça a marché dans d’autres pays, ça peut marcher au Gabon »
Enfin, la ministre a conclu son intervention par un message d’espoir :
« Puisqu' il a été beaucoup question d’impact sur le pouvoir d’achat, les volumes qui vont être commandés vont probablement nous permettre de réduire les coûts en termes d’économie d’échelle »
Elle a encouragé les Gabonais à faire preuve de patience et d’engagement :
« Ça a marché dans d’autres pays, ça peut marcher au Gabon »