DES NOMS DE PERSONNES DÉCÉDÉES

Ce qui n’était qu’une simple vidéo postée sur TikTok a fait boule de neige avant de virer en vrille. En quelques heures, les images montrant des documents administratifs contenant les noms, adresses et numéros de pièces d’identité de personnes décédées ont enflammé la toile gabonaise. Ces fiches, apparemment issues des archives de la Compagnie Africaine de Sépultures du Gabon (Casep-Ga), seraient utilisées à des fins commerciales. Une pratique jugée aussi choquante qu’illégale.
Face à la vague d’indignation, l’Autorité de Protection des Données Personnelles et de la Vie Privée (APDPVP) s’est saisie du dossier. Les responsables de Casep-Ga ont été convoqués ce mercredi 22 octobre 2025 dans les locaux de l’Autorité, à Kalikak, dans le 3ᵉ arrondissement de Libreville. Officiellement, il s’agit
d’« échanger sur les circonstances de la fuite »
mais l’entreprise est désormais dans le collimateur des autorités.

L’enquête a déjà révélé une entorse majeure à la législation : Casep-Ga n’a jamais procédé à la déclaration de conformité exigée par la loi n°025-2023 du 12 juillet 2023, qui impose à toute entité manipulant des données personnelles de se faire enregistrer auprès de l’APDPVP. Une omission qui place la société en porte-à-faux avec la loi et expose ses dirigeants à des sanctions sévères.
Au-delà de la question juridique, cette affaire soulève un spectre moral : celui de la marchandisation de la mémoire des disparus.
« Traiter les défunts comme de simples produits commerciaux, c’est une violation de leur dignité »
s’indigne un internaute.

Pour Casep-Ga, une véritable épée de Damoclès plane désormais au-dessus de ses activités. L’APDPVP a promis d’aller au bout de l’affaire. Quant aux familles concernées, elles attendent surtout que justice soit rendue — pour les vivants comme pour les morts.