LES DÉTOURNEURS DES 7 MILLIARDS DE FCFA
L’affaire des 63 milliards de francs CFA destinés au développement local des neuf provinces du Gabon refait surface. Soit 7 milliards par province, une somme colossale censée financer des projets à impact direct sur la population. Mais sur le terrain, peu de réalisations visibles.
Le 22 octobre 2025, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville, Bruno Obiang Mvé, a annoncé l’ouverture imminente d’une enquête financière. Le Parquet de la République indique que les investigations viseront à examiner la gestion des fonds dans les différentes administrations, ainsi que les projets financés dans chaque province.
Ce dossier, déjà qualifié de « puant » par plusieurs observateurs, place désormais plusieurs responsables locaux dans le collimateur de la justice gabonaise. Une justice que certains jugent encore peu respectée, tant les précédentes affaires de corruption se sont souvent soldées sans suites concrètes.
Pendant la transition, les autorités semblaient vouloir montrer leur détermination à faire la lumière sur ce scandale. Pourtant, de nombreux sceptiques estiment que cette enquête arrive bien tard. Pourquoi maintenant ? La question agite l’opinion, d’autant que certains membres des anciens comités de pilotage de cette manne financière viennent tout juste d’être élus à l’Assemblée nationale.
Le spectre d’un scandale politique et judiciaire plane donc sur le pays. Ces élus, désormais protégés par leur immunité parlementaire, pourraient échapper aux poursuites. Mais le procureur promet que la justice gabonaise fera son travail « sans distinction ». Peu de Gabonais y croient à cause de l’impunité qui règne dans les milieux concernés. Pire lorsque certaines personnalités seront envoyées en prison en raison desdits détournements, les Gabonais seront les premiers à provoquer une levée de boucliers pour réclamer la libérations des mis en cause, pour dire pourquoi un tel est arrêté et pourquoi un tel autre est-il en liberté ? C'est vraiment une équation très difficile pour le pouvoir actuel d'avoir à gérer un peuple pareil.