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Justice

PROCÈS BONGO : LA DÉFENSE CRIE AU “SIMULACRE DE JUSTICE” POUR ÉVITER D’Y COMPARAÎTRE

PROCÈS BONGO : LA DÉFENSE CRIE AU “SIMULACRE DE JUSTICE” POUR ÉVITER D’Y COMPARAÎTRE
Alors que la justice gabonaise s’apprête à juger Sylvia et Nordine Bongo pour détournement de fonds publics, corruption et enrichissement illicite, leurs avocats multiplient les interventions médiatiques pour dénoncer un “procès spectacle” et contester la compétence des tribunaux gabonais.

Mais derrière ce discours juridique en apparence technique, beaucoup voient surtout une manœuvre d’évitement, visant à fuir leurs responsabilités pénales.


Une défense qui dénonce un procès “illégal”


L’avocate affirme que Sylvia et Noureddin Bongo ne se rendront pas à Libreville, prétextant que “le procès n’est pas conforme à la procédure pénale gabonaise, ni aux standards internationaux d’un procès équitable”.
Il soutient que ses clients n’ont jamais été convoqués en bonne et due forme, qu’ils ont appris la date du procès dans la presse, et qu’ils n’ont pas eu accès au dossier pénal.
Selon lui, il s’agit d’un procès politique organisé “hors de tout cadre juridique”.
Mais pour une large partie de l’opinion gabonaise, ce discours n’est qu’un rideau de fumée : une tentative de détourner le regard des accusations graves portées contre eux, et de décrédibiliser la justice nationale.


Sylvia Bongo savait qu’elle devait comparaître


Il est important de rappeler que Sylvia Bongo a été libérée provisoirement pour raisons de santé en mars 2024.
Cette libération, accordée pour raisons humanitaires, n’annulait pas les poursuites et s’accompagnait de conditions strictes prévues par le Code de procédure pénale
Les textes applicables :
Article 145 du Code de procédure pénale gabonais : « Le juge d’instruction peut accorder une mise en liberté provisoire au mis en examen lorsque son état de santé, dûment constaté par expertise médicale, rend incompatible sa détention avec la dignité humaine. »
Article 147 : « Toute mise en liberté provisoire peut être assortie d’obligations destinées à garantir la représentation du mis en examen devant la justice. »
Article 148 : « En cas de non-respect des obligations fixées lors de la mise en liberté provisoire, un mandat d’arrêt peut être immédiatement délivré contre l’intéressé. »


Autrement dit, Sylvia Bongo, en refusant de se présenter à son procès, viole les conditions de sa propre libération.
Elle se place ainsi hors du cadre légal, exposée à un mandat de comparution ou de réincarcération immédiate.


Le précédent Brice Laccruche Alihanga : la différence entre fuite et courage


Le cas de Brice Laccruche Alihanga, ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, offre un contre-exemple édifiant.
Lui aussi avait bénéficié d’une libération provisoire pour raison de santé, afin de suivre des soins à l’étranger.
Mais contrairement à Sylvia Bongo, Brice Laccruche est revenu volontairement au Gabon pour faire face à la justice.


Mieux encore, il est revenu confiant de son innocence, désireux de prouver que les accusations portées contre lui avaient été montées de toutes pièces par le clan Bongo, à l’époque tout-puissant au sommet de l’État.
Son retour a été perçu comme un acte de courage et de loyauté envers la justice nationale, un geste rare dans un contexte où tant d’anciens dignitaires cherchent à fuir leurs responsabilités.


Même affaibli par la maladie, Brice Laccruche a affronté son procès, convaincu que la vérité finirait par éclater et que la manipulation orchestrée contre lui par la famille Bongo serait mise à nu. Cette différence de comportement est frappante : Lui est revenu pour se défendre et prouver son innocence. Elle s’enfuit et se réfugie derrière le discours victimaire de ses avocats.


Une libération humanitaire, pas une immunité politique


La libération de Sylvia Bongo reposait sur un rapport médical concluant à la nécessité d’un suivi à l’étranger.
Mais en droit, cette mesure ne la dispense ni de se présenter devant le juge, ni de répondre des faits reprochés.
En choisissant de rester hors du pays et d’ignorer les convocations, elle viole le principe de représentation judiciaireprévu par les articles 147 et 148 du Code de procédure pénale.
L’État gabonais a agi dans l’esprit du droit et de la dignité humaine.
Mais la bénéficiaire de cette clémence semble aujourd’hui en abuser, transformant une faveur humanitaire en instrument d’obstruction judiciaire.


Les arguments de la défense : des prétextes pour fuir


Les avocats de la famille Bongo invoquent un soi-disant manque de convocation formelle et des irrégularités de procédure.
Or, selon des sources judiciaires, la Cour criminelle spéciale a bel et bien transmis les notifications de comparution via les canaux diplomatiques.
Et même dans l’hypothèse d’une erreur procédurale, le recours n’est pas la fuite, mais la contestation devant les juridictions compétentes.
En refusant la comparution, Sylvia et Nordine Bongo nient la souveraineté de la justice gabonaise tout en tentant de se réfugier derrière l’opinion internationale, notamment en France, où ils ont lancé des actions judiciaires parallèles.


Un procès symbolique pour le peuple gabonais


Pour le peuple gabonais, ce procès dépasse la seule question des Bongo.
Il incarne la fin de l’impunité et la volonté de reconstruire une justice indépendante après des décennies de corruption systémique.
Le comportement de Sylvia Bongo, perçu comme hautain et méprisant envers la justice nationale, choque d’autant plus que d’autres figures, comme Brice Laccruche Alihanga, ont choisi la voie du respect du droit.
Le contraste entre l’humilité du retour de Laccruche et la fuite de Sylvia Bongo symbolise deux visions du Gabon :
celle d’un pays qui assume sa vérité, et celle d’une élite qui refuse d’en répondre.

Par Rédaction TV+ AFRIQUE

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