TUÉ PAR NOYADE
Jean Roger Okouma, alias Peckos, a été placé sous mandat de dépôt ce mardi à la prison de Yéné, après que l’étau s’est resserré autour de lui dans l’enquête sur la mort tragique de Tony Lemboumba. Connu des services de sécurité pour enlèvements, vols et assassinats, Okouma a été interpellé par les agents de la Police judiciaire du Haut-Ogooué. Ses multiples contradictions lors des auditions et des éléments matériels suspects ont fini par révéler le pot aux roses. L’homme aurait tenté de faire croire que Tony Lemboumba est mort en se noyant, mais tout laisse penser à une noyade maquillée.

L’affaire débute le 11 octobre 2025, lorsque Tony Lemboumba, pêcheur expérimenté du 3e arrondissement de Franceville, disparaît après être parti seul pour une partie de pêche. Quelques jours plus tard, ses effets personnels – chaussures, téléphone et pirogue – sont retrouvés sur les berges de la rivière Mpassa. L’inquiétude grandit parmi les proches, qui refusent de croire à une simple noyade. Le 19 octobre, le corps du sexagénaire est découvert en état de décomposition avancée à l’embouchure de la rivière.
Les enquêteurs remarquent rapidement plusieurs incohérences. D’abord, Tony était un expert en nage ; il semblait improbable qu’il ait pu se noyer accidentellement. Ensuite, les premières analyses médico-légales révèlent des traces de manque d’oxygène et des signes de lutte, orientant la thèse vers un meurtre déguisé en noyade. Selon certaines sources, Okouma aurait voulu plonger la tête sous l’eau de son rival pour régler un différend personnel, avant de tenter de brouiller les pistes.
“La désignation de Jean Roger Okouma comme principal suspect découle d’indices concordants : son passé criminel, ses contradictions lors des interrogatoires et des éléments matériels reliant sa présence aux lieux du drame. Toutefois, ces éléments restent circonstanciels et ne suffisent pas encore à établir sa culpabilité. D’autres suspects peuvent exister, notamment si le mobile du crime s’avère complexe ou lié à un réseau. L’expertise médico-légale et les analyses complémentaires seront déterminantes pour confirmer ou infirmer la thèse d’un règlement de compte impliquant Okouma”
explique un habitué des enquêtes.
Durant son audition, le suspect broie du noir et s’emmêle dans ses déclarations. Tantôt il nie connaître la victime, tantôt il admet avoir été présent sur les lieux. Ces embrouilles achèvent de convaincre les enquêteurs que le piège se referme. Autrefois considéré comme insaisissable, Okouma, qui aurait souvent filé du mauvais coton, ne semble plus bénéficier des complicités occultes qui le protégeaient. En attendant son procès, Jean Roger Okouma médite sur son sort derrière les barreaux, tandis que la famille Lemboumba, le moral en berne, espère que justice sera enfin rendue au pêcheur disparu.