UNE MÈRE DE SEPT ENFANTS
C’est une histoire déchirante, une de celles qui vous serrent la gorge et laissent une onde de choc dans tout un quartier. À 43 ans, Issana, épouse Kombila, croyait enfin voir la vie lui sourire. Après des mois de recherche, cette mère de sept enfants avait décroché un emploi dans une ferme à Bikélé Nzong, où elle était également logée. Pour elle, c’était une nouvelle chance, une bouffée d’air. Mais ce rêve a vite viré au cauchemar.

Selon ses proches, elle ne rentrait au foyer que deux fois par semaine. Le dimanche, jour où elle devait appeler, le silence s’est installé.
« On a essayé de la joindre à plusieurs reprises, mais ses appels restaient sans réponse »
raconte un membre de la famille, encore sous le choc. L’angoisse monte, les heures passent, et la nouvelle tombe : le corps sans vie d’Issana est retrouvé sur son lieu de travail.
Une découverte macabre
Sur place, c’est la consternation. Joachim Pierre Kombila, son mari, raconte d’une voix brisée :
« Quand je suis arrivé à la ferme, il y avait déjà beaucoup de monde. On m’a demandé si je pouvais identifier le corps. J’ai dit oui, même si c’était trop tard… Et là, j’ai vu que c’était bien mon épouse »
Le corps, nu, sans habit, a été retrouvé à deux pas de l’entrée principale de la ferme, dans le jardin d’un riverain.
Une tournure macabre pour celle qui espérait offrir un avenir meilleur à ses enfants. Qui aurait pu imaginer un tel dénouement ? Comment expliquer qu’un site réputé sécurisé soit devenu le théâtre d’un tel drame ?
Trop de zones d’ombre et des questions sans réponse
Les proches d’Issana sont taraudés par les doutes. Les circonstances de sa mort demeurent floues, presque irréelles.
« Le site est vraiment sécurisé. Pour sortir, il faut une autorisation signée. Alors, comment un tel drame a-t-il pu se produire ? »
s’interroge Kombila, visiblement pris à la gorge par l’émotion.
D’après lui, les autorités présentes sur les lieux n’ont pas été transparentes.
« Nous avons demandé aux officiers de se présenter, mais ils ont refusé de donner leur identité »
explique-t-il.
« Et quand on a voulu savoir si un procureur avait été informé, on nous a répondu qu’il ne pouvait pas venir parce que c’était dimanche »
Une réponse qui est restée en travers de la gorge de la famille, déjà au bord du gouffre.
Depuis ce jour, l’enquête piétine. Comme si les traces avaient été effacées. Le mari, omnibulé par le besoin de vérité, déplore une absence totale de communication.
« La police nous balade, nous n’avons aucune conclusion jusqu’à ce jour »
soupire-t-il. L’affaire ressemble à une équation à plusieurs inconnues, où chaque tentative pour démêler l’écheveau semble donner du fil à retordre à la famille.
« On veut juste savoir ce qui s’est vraiment passé »
Dans la maison familiale, la douleur est palpable. Les pleurs ont remplacé les rires des enfants. Les photos d’Issana trônent encore sur les murs, rappelant à chacun les jours heureux.
« C’est un supplice pour nous »
confie une sœur de la défunte.
« On veut juste savoir ce qui s’est vraiment passé »
La famille refuse de croire à une simple fatalité. Pour eux, l’hypothèse d’un accident ne tient pas. Ils réclament qu’une enquête sérieuse soit ouverte, que la lumière soit enfin faite.
« Pourquoi pour cette affaire, il n’y a pas eu une autorité du tribunal sur le terrain ? »
questionne encore Joachim Pierre Kombila.
« Pourquoi une telle injustice ? »
«L’enquête doit d’abord se concentrer sur le lieu du crime : la ferme de Bikélé Nzong. Il faut interroger le personnel, les responsables de la sécurité, les voisins et toute personne ayant eu contact récent avec Issana. Examiner les caméras de surveillance et les registres d’accès permettra d’identifier d’éventuelles intrusions. Les autopsies et analyses médico-légales doivent établir la cause du décès et d’éventuelles violences sexuelles. On recherchera un mobile : conflit professionnel, jalousie, dette ou crime opportuniste. Reconstituer les derniers appels et messages d’Issana est essentiel. L’objectif est croiser témoignages et preuves physiques pour remonter jusqu’à l’assassin »
explique un habitué des enquêtes.
Sept enfants cherchent encore le regard et la voix de leur mère
Dans leur désarroi, les proches d’Issana lancent un appel aux plus hautes autorités.
« Le président de la République a dit qu’il remet le droit à tous les citoyens, peu importe leur situation. Nous l’interpellons afin qu’il nous vienne en aide »
demande le mari, la voix tremblante.
Aujourd’hui, à Bikélé, le temps semble s’être arrêté. Sept enfants croupissent dans la douleur de l’absence, cherchant encore le regard et la voix de leur mère.
La famille Kombila espère qu’un jour, l’écheveau sera enfin démêlé
Leur père, lui, reste debout, bien que tout semble s’effondrer autour de lui.
« Je veux juste que justice soit faite »
murmure-t-il.
Cette tragédie a laissé derrière elle un vide immense. L’affaire, pour l’instant, reste une énigme. La vérité, elle, tarde à lever le voile. Entre colère, chagrin et incompréhension, la famille Kombila espère qu’un jour, l’écheveau sera enfin démêlé. En attendant, le souvenir d’Issana continue de hanter les siens, comme un rêve brisé dont on n’arrive pas à se réveiller.
