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QUI À LA COUR CONSTITUTIONNELLE ?

QUI À LA COUR CONSTITUTIONNELLE ?
Issue de la Constitution approuvée par référendum en novembre 2024 et promulguée un mois plus tard, cette nouvelle étape consacre un changement de taille.

Annoncé le lundi 3 novembre 2025, lors d’une conférence de presse tenue par le ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions, François Ndong Obiang, le calendrier de fin de transition du Gabon se précise. Selon ce chronogramme, la prestation de serment des futurs membres de la Cour constitutionnelle aura lieu le 30 décembre 2025. Une date symbolique, à la veille d’une nouvelle page institutionnelle pour le pays.


Issue de la Constitution approuvée par référendum en novembre 2024 et promulguée un mois plus tard, cette nouvelle étape consacre un changement de taille : désormais, le président de la Cour constitutionnelle sera élu par ses pairs, et non plus nommé par le chef de l’État. Une réforme qui, selon les autorités, doit garantir plus d’indépendance à la Cour et rompre avec toute forme de mainmise de l’exécutif.


 


Le suspense est entier


Mais une question domine déjà les débats politiques et médiatiques : qui prendra la tête de cette institution clé de la République ? Le suspense est entier. Des noms circulent, des bruits de couloirs évoquent même certaines candidatures « sérieuses », selon des indiscrétions venues des milieux institutionnels. Faut-il reconduire l’actuel président, Dieudonné Aba’a Owono, symbole de continuité et de stabilité ? Ou bien ouvrir une ère nouvelle avec une figure du monde académique, comme le professeur Guy Rossatanga-Rignault, dont le profil est souvent cité comme celui d’un possible réformateur ? Rien n’est moins sûr.


Au sein du pouvoir de transition, les lignes se dessinent difficilement. Les uns plaident pour la prudence et la stabilité, estimant que la Cour doit rester un repère solide à l’heure où le pays s’apprête à retrouver un ordre constitutionnel complet. Les autres, en revanche, appellent à une rupture assumée, incarnée par des visages nouveaux capables de redonner confiance aux citoyens dans l’impartialité de la justice constitutionnelle.


 


Tourner la page des pratiques passées


Au-delà du choix des hommes, c’est bien la crédibilité du processus démocratique qui se joue. La recomposition de la Cour constitutionnelle sera, à n’en pas douter, un test de la démocratie gabonaise. Elle devra démontrer la volonté des autorités de tourner la page des pratiques passées et de garantir une véritable indépendance des institutions.


Sur le terrain, les attentes sont fortes. Les Gabonais espèrent une Cour « proche du peuple », impartiale et intègre et non une nouvelle “Tour de Pise”. Car incarner la justice, dans ce contexte de refondation nationale, ne sera pas une sinécure.

Par Pamphile EBO

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