COOPÉRATION RENFORCÉE DEPUIS 2023
Depuis le 31 août 2023, date marquante avec la prise de pouvoir du général Brice Clotaire Oligui Nguema au Gabon, les relations diplomatiques et politiques entre Libreville et Paris ont connu un véritable beau fixe. La France et le Gabon parlent le même langage, et une nouvelle dynamique s’est installée, ouvrant une nouvelle page dans leur partenariat – tout en gardant un cordon subtil avec l’ancienne puissance colonisatrice.
Une bouffée d’oxygène diplomatique
Peu après le coup de libération du 30 août 2023, le Gabon a engagé une transition politique. Plutôt que d’afficher de la défiance, la France a joué le rôle d’un partenaire pragmatique. Le ministère français des Affaires étrangères souligne que les échanges avec Libreville restent « de qualité » : coopération civile forte (éducation, santé, recherche) et soutien à la transition du Gabon en coordination avec la CEEAC.
En mai‑juin 2024, cette relation a pris corps à travers une visite d’État très symbolique : Brice Oligui Nguema a été reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron, marqué par des entretiens sur l’environnement, l’économie et la défense. Les deux dirigeants ont notamment réaffirmé leur engagement pour la biodiversité et lancé un partenariat forestier dans la continuité des initiatives comme le One Forest Summit de Libreville.
Une relation politique renouvelée dans la continuité
Loin d’une rupture, la France apporte son appui à cette nouvelle page tout en mettant en exergue des axes de coopération stables. Selon le ministère gabonais des Affaires étrangères, les échanges économiques ont été redynamisés. La France demeure un investisseur clé, et le dialogue bilatéral s’est renforcé autour d’un « partenariat avantageux » pour les deux peuples.
La visite d'Oligui Nguema à Paris a été fructueuse, rassurant à la fois les autorités politiques et les milieux d’affaires français. Cela a confirmé que, malgré une page politique tournée, la relation franco-gabonaise n’a pas rompu avec son passé institutionnel. Il y a bien carte de la continuité, mais réécrite dans un cadre plus souverain.
Coopération économique et enjeux stratégiques
Sur le plan économique, la coopération bilatérale continue de se renforcer. Selon le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, la France reste le premier fournisseur du Gabon et maintient un réseau d’entreprises implantées dans le pays. En parallèle, l’Agence française de développement (AFD) finance des projets d’infrastructures et sociaux. Un signe que Paris appuie activement le développement gabonais.
Cependant, le contexte global évolue. La Banque de France rappelle que l’économie gabonaise a souffert en 2023 (croissance à 2,2 %) mais devrait rebondir. De plus, la France continue de repenser sa présence militaire en Afrique ; notamment, elle réduit ses troupes à Libreville, tout en soutenant la formation de l’armée gabonaise. Cet ajustement symbolise une relation apaisée, mais plus équilibrée.
Enjeux mémoriels et diplomatiques
La dimension historique n’est pas oubliée. Lors de sa visite en France, Oligui Nguema a rendu hommage au capitaine Charles N’Tchoréré, un officier gabonais ayant servi la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce geste rappelle que les liens entre les deux États ne sont pas seulement pragmatiques. Ils sont également portés par une mémoire partagée, ce qui constitue une bouffée d’oxygène dans leur relation.
Une relation forte et réinventée
En résumé, depuis le 31 août 2023, la relation Gabon‑France traverse une phase de renouveau. Il ne s’agit pas d’une rupture brutale, mais d’une nouvelle dynamique où les deux États parlent le même langage sur les axes prioritaires : environnement, économie, développement. On peut voir cela comme une nouvelle page, soutenue par une réelle cooperation bilatérale, tout en reconnaissant le poids du cordon historique avec l’ancienne puissance colonisatrice.

Les échanges restent solides : Paris appuie Libreville dans sa transition, mais sans tomber dans le paternalisme d’antan. Le partenariat franco-gabonais est donc bien orienté, sur des bases plus équilibrées et respectueuses de la souveraineté gabonaise.