QUELLE EST L'EFFICACITÉ DES CAMPAGNES ?
À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, le 25 novembre, le ministère de la Femme a organisé une série d’activités visant à rappeler l’importance de la prévention et de l’accompagnement des victimes. La ministre Élodie Diane Fouefoue épouse Sandjoh, s’est notamment rendue au Centre de protection et de promotion sociale, une structure dédiée aux femmes victimes de violences, pour présenter le circuit de prise en charge mis en place.
Trois ans de soutien, mais des résultats mitigés
Le centre, présent depuis trois ans, offre écoute, accompagnement psychologique et soutien juridique aux victimes. Certaines femmes témoignent de « miracles de reconstruction » après plusieurs mois d’hébergement et de suivi. Pourtant, malgré ces initiatives, la violence reste omniprésente. Selon les statistiques de l’ONU, environ 35 % des femmes dans le monde ont subi des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie. Localement, les chiffres montrent que les agressions domestiques et économiques continuent de toucher un grand nombre de foyers, révélant que la sensibilisation seule ne suffit pas à enrayer le phénomène.
Comparaison avec les standards internationaux
À l’international, les campagnes de prévention s’accompagnent souvent d’une approche multisectorielle : éducation dès le plus jeune âge, formation des forces de l’ordre, aides financières et légales aux victimes, suivi psychologique prolongé. Dans certains pays, la mise en place de lignes d’urgence et d’unités spécialisées a permis de réduire significativement le nombre de cas non déclarés. En comparaison, les initiatives gabonaises peinent encore à assurer une couverture nationale cohérente et un suivi sur le long terme.
Obstacles et pistes d’amélioration
Les experts soulignent plusieurs freins : manque de coordination entre les structures, insuffisance des ressources financières, et persistance des stéréotypes de genre. « La sensibilisation ne peut être efficace que si elle est soutenue par des actions concrètes au quotidien », explique une représentante d’une ONG gabonaise. Les victimes, elles, réclament un accompagnement plus personnalisé et une justice plus réactive. Les pistes d’amélioration incluent la formation continue des acteurs sociaux, l’extension des centres d’accueil, et une campagne de sensibilisation durable au lieu de concentrer les efforts sur une seule journée.
Un appel à l’engagement collectif
La ministre insiste sur l’importance d’une mobilisation globale : gouvernement, leaders communautaires et société civile doivent travailler ensemble pour faire reculer ce fléau. La Journée internationale marque le début d’une période de 16 jours de sensibilisation, mais l’activisme, selon elle, « n’est pas l’affaire d’une seule journée, c’est l’affaire de tous ».