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PRISONNIÈRE DE SES LOURDEURS

PRISONNIÈRE DE SES LOURDEURS
Autour du ministre d’État, plusieurs membres du gouvernement ont participé à cette réunion, qui s’inscrit dans une série de mesures visant à renforcer la coordination et la rigueur dans l’action gouvernementale.

Henri-Claude Oyima, ministre d’État à l’Économie et par ailleurs vice-président du gouvernement par intérim, a convoqué hier vendredi les principaux responsables administratifs pour une séance de travail stratégique visant à accélérer l’action publique. « Le temps des annonces est terminé. Le temps des intentions est dépassé. Nous entrons dans le temps de l’exécution », a-t-il déclaré, martelant la nécessité de passer des discours à des actes concrets pour une 5e République plus efficace.


Autour du ministre d’État, plusieurs membres du gouvernement ont participé à cette réunion, qui s’inscrit dans une série de mesures visant à renforcer la coordination et la rigueur dans l’action gouvernementale. Le secrétaire général du gouvernement, Abdu Razzaq Kambongo, a rappelé les rôles essentiels des différents services centraux et souligné les lourdeurs qui continuent de freiner le fonctionnement de l’administration gabonaise. Il a évoqué la nécessité de mieux structurer la circulation de l’information, de partager les responsabilités et de respecter les procédures et la hiérarchie pour améliorer l’efficacité globale de l’appareil public.


Pour accompagner cette ambition, une méthodologie et une feuille de route ont été présentées par le secrétaire général Abdu Razzaq Guy Kambogo. Axée sur la rapidité, la rigueur et l’efficacité, cette démarche vise à coordonner l’action gouvernementale pendant la période d’intérim et à répondre aux attentes de la population.


Mais derrière ces discours ambitieux, la question reste entière : ces mesures suffiront-elles à déverrouiller une administration qui traîne depuis des décennies des lourdeurs structurelles et une bureaucratie paralysante ? Malgré les appels à l’action et les méthodologies présentées, le fonctionnement quotidien reste marqué par des lenteurs persistantes, des procédures complexes et des circuits décisionnels étendus, qui font souvent passer les intentions avant l’exécution.


Si l’objectif de modernisation et d’efficacité est manifeste, le défi est colossal. Transformer des habitudes bien ancrées, réformer des structures lourdes et s’assurer que les nouvelles méthodologies se traduisent par des résultats tangibles ne se fera pas en quelques réunions. La réussite dépendra moins des déclarations et davantage de la capacité à imposer une discipline opérationnelle sur l’ensemble du territoire.


Ainsi, l’administration gabonaise continue de promettre l’efficacité tout en restant, pour l’heure, prisonnière de ses lourdeurs. La population et les observateurs attendent désormais que ces paroles se traduisent enfin en actes concrets.


 

Par Pamphile EBO

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