BIOGAZ AU GABON : RETOUR SUR UNE ÉNERGIE OUBLIÉE
Longtemps cantonnée à quelques expérimentations isolées, la production de biogaz à partir de déchets animaux et agricoles connaît aujourd’hui plusieurs signaux positifs au Gabon. Des entreprises locales et des porteurs de projets revendiquent des installations de biodigesteurs pour produire électricité, gaz de cuisson et bio-engrais, tandis que l’État et des partenaires techniques explorent des chaînes de valeur plus larges pour valoriser la biomasse.
Des expériences pionnières existent déjà : un biodigesteur pour l’abattoir d’Owendo a été présenté comme démonstration de la possibilité de transformer les déchets d’abattoir en méthane exploitable et en fertilisant organique, réduisant ainsi la pollution locale. Parallèlement, des initiatives publiques financées ou appuyées par des bailleurs notamment des programmes visant à structurer la filière biogaz et à améliorer la compétitivité de la chaîne de valeur ont été lancées pour passer du stade exploratoire à des projets plus systématiques.
La gestion des décharges et la valorisation du biogaz y sont aussi abordées : des appels à prestataires pour la réhabilitation de sites et l’installation de dispositifs de collecte/valorisation du biogaz montrent une prise de conscience des gisements disponibles dans les déchets municipaux et industriels.
En parallèle, des projets axés sur la transformation des déchets agro-forestiers en produits énergétiques (briquettes, biochar) et la promotion d’un mix énergétique durable s’inscrivent dans les engagements climat du Gabon, qui incluent la valorisation de la biomasse comme levier d’atténuation.
Pourtant, plusieurs freins expliquent que la pratique ne se soit pas encore largement déployée : manque d’investissements structurants, faibles capacités techniques locales pour concevoir/entretenir des biodigesteurs à grande échelle, flou réglementaire sur les incitations (tarifs d’achat, subventions) et nécessité d’organiser la collecte des matières premières (fumier, résidus agricoles, déchets d’abattoir) pour garantir la viabilité économique.
Malgré tout, les signaux sont encourageants : entreprises locales actives (ex. BIOGAZ GABON), initiatives pilotes multi-acteurs et volonté affichée de l’État et des partenaires techniques ouvrent la voie à une possible relance de la filière. Avec un soutien technique, financier et réglementaire suffisant et une organisation territoriale de la collecte la méthanisation des déchets animaux et agricoles pourrait devenir une source stable d’énergie décentralisée, créer des revenus ruraux et réduire les émissions de gaz à effet de serre.