PATRIMOINE DE L’ÉTAT : L’ESTUAIRE TIRE LA SONNETTE D’ALARME
Le rapport présenté au Conseil des ministres expose une image préoccupante du patrimoine immobilier de l’État dans la province de l’Estuaire. Sur 878 parcelles identifiées, seules 392 sont titrées, tandis que 486 restent à régulariser. Pire encore, 128 parcelles sont occupées illégalement, soit 14,58 %, et les réserves foncières enregistrent un taux de squat alarmant de 63 % (24 sur 38).
Le bâti public, composé de 3 772 édifices, dont 1 826 bureaux, 1 336 logements administratifs et 610 autres infrastructures, souffre d’une dégradation massive. 1 379 bâtiments, soit 37 %, sont en état de vétusté avancée. Libreville concentre à elle seule 749 édifices dégradés, ce qui représente plus de la moitié des structures en mauvais état.
Le diagnostic s’étend également aux réseaux d’eau et d’électricité. L’inventaire a relevé 276 compteurs d’eau et 448 compteurs d’électricité, dont une part importante est détériorée : 62 compteurs d’eau (22 %) et 105 compteurs électriques (23 %). Des branchement anarchiques et directs ont été constatés, exposant les sites publics à des risques d’incendie et d’électrisation.
Sur le plan financier, les dérives sont tout aussi préoccupantes. La dépense en eau de l’État a augmenté de 18 % entre 2023 et 2024, atteignant plus de 3,36 milliards FCFA, faute de suivi des factures et d’un contrôle rigoureux des consommations. L’électricité n’est pas en reste : des facturations irrégulières et des pics anormaux, notamment en mai 2023 et entre juillet et août 2024, ont généré une hausse cumulée extraordinaire de 84,7 milliards FCFA.
Alerté par cette situation, le Conseil des ministres annonce la mise en place de mesures coercitives, de mécanismes de contrôle renforcés et d’un suivi strict des consommations d’eau et d’électricité. Objectif : stopper les pertes, assainir la gestion des ressources publiques et rétablir l’intégrité du patrimoine immobilier de l’État.