VERS UNE LOI ANTI-MONOPOLE AU GABON POUR LUTTER CONTRE LA VIE CHÈRE ET LE CHÔMAGE ?
Une réforme inspirée du modèle américain est désormais évoquée dans plusieurs cercles économiques et politiques.
Depuis des années, les consommateurs gabonais vivent sous la pression d’une hausse généralisée des tarifs produits alimentaires, énergie, transport, téléphonie… Dans plusieurs secteurs, un seul acteur contrôle l’essentiel de l’offre, fixant les prix sans véritable concurrence. Pour les spécialistes, cette situation explique en partie l’explosion du coût de la vie.
« Lorsqu’une entreprise domine totalement un marché, elle n’a aucun intérêt à baisser ses prix ni à améliorer ses services », analyse un économiste interrogé par nos soins.
Le modèle américain, souvent cité en exemple, repose sur de puissantes lois anti-trust adoptées dès la fin du XIXᵉ siècle. Le Sherman Act, puis le Clayton Act, ont permis de briser les monopoles les plus agressifs et de maintenir une concurrence minimale entre les entreprises. Aux États-Unis, toute concentration excessive est surveillée, et certaines fusions peuvent être bloquées lorsqu’elles menacent la compétitivité d’un marché.
Au Gabon, une proposition de réforme inspirée de ces principes pourrait voir le jour. L’objectif : empêcher qu’un seul groupe ne contrôle un secteur entier, réguler plus strictement les acquisitions, et favoriser l’arrivée de nouveaux acteurs locaux et étrangers. Une telle loi viserait aussi à dynamiser l’emploi. « Plus il y a d’entreprises, plus il y a de postes. Les monopoles étouffent le marché du travail », souligne un spécialiste du secteur privé.
Pour de nombreux observateurs, cette réforme est devenue indispensable. Le pays souffre d’une structure économique trop concentrée, qui limite l’innovation, bloque la création d’entreprises et pénalise directement la population.
Reste à savoir si le gouvernement gabonais osera franchir le pas. Une chose est sûre : la lutte contre les monopoles pourrait bien devenir un enjeu majeur dans la bataille contre la vie chère et pour la relance économique.