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INTÉGRER L’ENVIRONNEMENT DANS SES POLITIQUES MINIÈRES ET AGRICOLES

INTÉGRER L’ENVIRONNEMENT DANS SES POLITIQUES MINIÈRES ET AGRICOLES
À Libreville, experts et institutions débattent pour intégrer la biodiversité dans mines et agriculture, conciliant développement économique et conservation, renforçant les stratégies nationales et engagements internationaux du Gabon.

À Libreville, pendant deux jours, experts nationaux, représentants des administrations, partenaires techniques et organisations de conservation planchent depuis hier sur une question devenue centrale pour l’avenir du pays : comment intégrer réellement la biodiversité dans les politiques minières et agricoles, sans compromettre le développement économique. Organisé par le ministère de l’Environnement, de l’Écologie et du Climat (MEEC), avec l’appui du WWF dans le cadre du projet BIODEV2030 et le soutien de l’Agence française de développement (AFD), cet atelier de dialogue national a mis en lumière les tensions, mais aussi les opportunités, entre exploitation des ressources et préservation du capital naturel.


Sur le papier, la volonté politique du Gabon ne fait guère de doute. Le pays, qui abrite près de 80 % de son territoire couvert de forêts et une biodiversité parmi les plus riches d’Afrique, a adhéré au nouveau cadre mondial pour la biodiversité issu de la COP15 de Montréal. Il s’est engagé à renforcer ses stratégies nationales et ses plans d’action en faveur de la nature. Il est question de faire en sorte que ces engagements se traduisent concrètement dans les secteurs essentiels que sont les mines et l’agriculture, moteurs de la diversification économique voulue par l’État.


C’est précisément cette cohérence que les participants ont interrogée. Les débats ont porté sur l’existence – ou non – d’engagements forts du secteur minier en matière de protection de la biodiversité, et sur la robustesse des dispositions environnementales dans les réglementations en vigueur. Si des études d’impact environnemental sont exigées, plusieurs acteurs relèvent encore des lacunes juridiques : faible prise en compte des corridors écologiques, mécanismes de compensation insuffisants, ou encore contrôle limité sur le terrain. Dans l’agriculture, l’extension des plantations et l’agro-industrie et l’exploitation forestière posent également la question de la conversion des terres forestières et de l’érosion de la biodiversité.


Le rôle du ministère de l’Environnement apparaît dès lors central. C’est à lui qu’il revient d’arbitrer entre impératifs de développement et exigences de conservation, en s’assurant que les politiques sectorielles respectent les engagements internationaux du Gabon. L’atelier va aussi servir à collecter des retours d’expérience pour consolider la Stratégie et le Plan d’action nationaux pour la biodiversité, actuellement en cours d’élaboration.


L’enjeu est loin d’être théorique. Ne pas concilier environnement, mines et agriculture coûterait cher au Gabon. En effet, la dégradation des écosystèmes pourrait entraîner des pertes économiques de plusieurs centaines de millions de dollars à moyen terme : baisse des rendements agricoles, conflits d’usage des terres, perte de services écosystémiques (eau, sols, climat), sans compter l’impact sur l’image internationale du pays et l’accès aux financements verts. À long terme, c’est la durabilité même du modèle économique gabonais qui serait fragilisée.


Comme l’a rappelé un participant à l’atelier


« intégrer la biodiversité dans les politiques sectorielles, ce n’est pas freiner le développement du Gabon, c’est sécuriser sa durabilité économique, sociale et environnementale »


Les recommandations attendues à l’issue de ces travaux pourraient ouvrir de nouvelles perspectives bénéfiques à condition que l’engagement affiché se traduise enfin par des réformes effectives et contraignantes.

Par Pamphil

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