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ENSEIGNANTS DU PRÉ-PRIMAIRE ET DU PRIMAIRE

ENSEIGNANTS DU PRÉ-PRIMAIRE ET DU PRIMAIRE
Gabon : création de trois instituts IFPE à Franceville, Mouila et Oyem pour renforcer la formation des enseignants du pré-primaire et du primaire et combler le déficit éducatif national public actuel.

Par décision du Conseil des ministres du 18 décembre 2025, le Gabon s’engage dans une réforme structurante de la formation des enseignants du pré-primaire et du primaire, avec la création de trois Instituts de Formation des Professeurs d’École (IFPE) à Franceville, Mouila et Oyem. 


Une décision inscrite dans le cadre légal et politique


La création de ces instituts résulte d’une proposition portée par le Dr Simplice Désiré Mamboula, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, assurant l’intérim du ministre d’État chargé de l’Éducation nationale. Les projets de loi s’appuient sur l’article 95 de la Constitution, la loi n°21/2011 relative à l’orientation générale de l’éducation, ainsi que la loi n°020/2005 encadrant la création et la gestion des services de l’État.


Cette réforme répond directement aux recommandations du Rapport du Dialogue national inclusif, qui a mis en évidence les faiblesses structurelles de la formation initiale des enseignants du cycle fondamental.


Pourquoi créer de nouveaux instituts de formation ?


Le bien-fondé de cette décision tient à un constat largement partagé : le système éducatif gabonais souffre d’un déficit quantitatif et qualitatif d’enseignants, notamment au pré-primaire et au primaire. La formation existante, longtemps centralisée et insuffisante, ne permet plus de répondre à la croissance démographique scolaire ni aux exigences pédagogiques modernes.


Former davantage d’enseignants, mais surtout mieux formés, apparaît comme une condition indispensable pour améliorer les apprentissages de base, lutter contre l’échec scolaire précoce et renforcer l’égalité des chances.


Franceville, Mouila et Oyem : un choix stratégique


Le choix de Franceville (Haut-Ogooué), Mouila (Ngounié) et Oyem (Woleu-Ntem) n’est pas fortuit. Ces trois chefs-lieux de province permettent une meilleure couverture territoriale du pays, réduisant les déséquilibres entre Libreville et l’intérieur. Ils offrent également un vivier important de jeunes bacheliers susceptibles de s’orienter vers les métiers de l’enseignement, tout en favorisant la réussite des futurs enseignants originaires de ces localités.


Combien d’enseignants au Gabon aujourd’hui ?


Selon les estimations généralement avancées par les services du ministère de l’Éducation nationale, le Gabon compte actuellement entre 25 000 et 30 000 enseignants tous niveaux confondus (pré-primaire, primaire et secondaire).
Pour le seul pré-primaire et primaire, les effectifs seraient compris entre 15 000 et 18 000 enseignants.


Malgré ces chiffres, les besoins restent largement supérieurs aux ressources disponibles.


Un déficit encore important


Le déficit d’enseignants est particulièrement marqué dans l’enseignement primaire, où il manquerait environ 3 000 à 4 000 enseignants pour atteindre des effectifs normés.
Dans le pré-primaire, secteur en pleine expansion mais longtemps négligé, le manque est estimé à près de 2 000 éducateurs spécialisés, alors même que ce cycle est déterminant pour le développement cognitif et social de l’enfant.


Former pour mieux enseigner dès le plus jeune âge


Avoir des enseignants bien formés au pré-primaire et au primaire présente de nombreux avantages : meilleure maîtrise des méthodes pédagogiques, détection précoce des difficultés d’apprentissage, réduction du redoublement et amélioration durable des performances scolaires. Investir dans ces cycles, c’est renforcer l’ensemble de la chaîne éducative.


Oui, le Gabon a clairement besoin de former davantage d’enseignants spécialisés pour le pré-primaire, un secteur appelé à se développer avec la généralisation progressive de la scolarisation des tout-petits.


Impact économique et social non négligeable


La création des trois IFPE pourrait générer 300 à 500 emplois directs (formateurs, personnels administratifs, agents comptables), sans compter les emplois indirects liés aux services, au logement et à l’économie locale.


Quant à l’attractivité du métier d’enseignant, elle demeure contrastée. Si la vocation existe toujours chez de nombreux jeunes Gabonais, l’amélioration des conditions de formation, de carrière et de rémunération reste un levier essentiel pour redonner tout son prestige à cette profession clé.


Avec ces nouveaux instituts, le Gabon pose les bases d’une refondation de son enseignement fondamental, en misant sur la formation pour bâtir l’école de demain.


 

Par Pamphil

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