PK13–PK19, SOUVENT MEURTRIER
Un nouveau drame de la route est venu endeuiller la commune de Ntoum. Au niveau d’Essassa, dans le 3ᵉ arrondissement, un violent accident de circulation a causé la mort de sept personnes au moins et d’importants dégâts matériels. Selon les premières informations recueillies sur place, l’excès de vitesse, l’éclatement du pneu gauche et la perte de contrôle du véhicule seraient à l’origine de ce drame. Le chauffeur a terminé sa course contre un camion benne stationné en bordure de route depuis plusieurs années, transformant l’axe routier en piège mortel. Une tragédie de plus sur un tronçon tristement réputé pour sa dangerosité.
Un axe PK13–PK19 connu pour sa dangerosité
L’accident d’Essassa n’est malheureusement pas un cas isolé. L’axe PK13–PK19 est régulièrement le théâtre d’accidents graves, parfois mortels. En octobre 2025, au PK13, plusieurs accidents impliquant des camions ont causé des morts et de nombreux blessés, souvent attribués à l’excès de vitesse et à l’état dégradé de la chaussée. Toujours au PK13, un autre accident survenu le même mois a fait cinq morts, selon des sources concordantes.
Au PK19, en août 2022, un accident avait déjà coûté la vie à deux personnes, avec plusieurs blessés graves. Là encore, la vitesse excessive et l’absence de dispositifs de sécurité avaient été pointées du doigt. Ces drames successifs confirment que cette portion de route est structurellement dangereuse.
Routes dégradées, signalisation absente, éclairage inexistant
Sur l’axe Essassa–Ntoum, les usagers dénoncent depuis des années l’état de la chaussée, par endroits dégradée, mal entretenue et insuffisamment éclairée. La nuit, la visibilité est extrêmement réduite, augmentant considérablement les risques d’accident. À cela s’ajoute l’absence de panneaux de signalisation, de ralentisseurs et de contrôles routiers réguliers.
La présence de véhicules abandonnés, comme ce camion benne impliqué dans l’accident, illustre le laxisme des autorités compétentes. Un tel obstacle, laissé sans balisage sur une route nationale, constitue un danger permanent.
L’inaction des autorités pointée du doigt
Face à la répétition des drames, les populations locales et les usagers de la route s’interrogent : combien de morts faudra-t-il encore pour que des mesures concrètes soient prises ? Malgré les alertes et les précédents tragiques, aucune action durable ne semble avoir été engagée pour sécuriser cet axe stratégique.
Renforcement des contrôles de vitesse, enlèvement des épaves, réhabilitation de la chaussée, installation de l’éclairage public et de la signalisation : les solutions sont connues, mais tardent à être mises en œuvre.
Un drame de trop sur une route oubliée
L’accident d’Essassa, avec ses sept victimes, apparaît comme le symptôme d’un échec collectif de la politique de sécurité routière. Tant que l’axe PK13–PK19 continuera d’être négligé, d’autres familles risquent de payer le prix fort. Ce drame doit servir d’électrochoc, afin que la route cesse enfin d’être un couloir de mort.
Du 15 décembre au 5 janvier: la mortalité routière augmente de 15 %
En 2024, le Gabon a enregistré 1 928 accidents de la route, selon les données nationales disponibles. Un chiffre en légère amélioration, puisqu’il représente une baisse d’environ 7 % par rapport à l’année 2023. Cette évolution positive reste toutefois à nuancer, car l’insécurité routière demeure une préoccupation majeure pour les autorités comme pour les usagers.
Les spécialistes soulignent que certaines périodes de l’année sont particulièrement critiques. C’est le cas des fêtes de fin d’année, qui s’étendent généralement du 15 décembre au 5 janvier. Durant cet intervalle, la mortalité routière augmente en moyenne de 15 %. Cette hausse est souvent liée à une circulation plus dense, aux longs déplacements interurbains, à la fatigue des conducteurs et, parfois, à une consommation excessive d’alcool.
Malgré ces tendances connues, il reste difficile d’établir des chiffres précis sur le nombre exact de décès ou de blessés graves survenus durant cette période spécifique. Un calcul rigoureux nécessiterait un accès direct aux registres détaillés de la gendarmerie nationale et de la police, qui centralisent les constats d’accidents.
Face à cette situation, les campagnes de sensibilisation et les contrôles routiers renforcés pendant les fêtes apparaissent plus que jamais nécessaires. L’objectif est de réduire durablement le nombre d’accidents et sauver des vies sur les routes gabonaises.