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TRAFIC DE CANNABIS À OYEM

TRAFIC DE CANNABIS À OYEM
Le trafic de cannabis à Oyem, Woleu-Ntem, inquiète la population. Les jeunes vulnérables en situation précaire s’impliquent dans ce commerce illégal, malgré les interventions des forces de sécurité.

À Oyem, capitale provinciale du Woleu-Ntem, le trafic de cannabis s’impose progressivement comme un phénomène préoccupant. Longtemps observé marginal, ce commerce illicite s’est installé dans le quotidien de certains quartiers et certains villages frontaliers, alimentant inquiétudes des populations et interventions répétées des forces de sécurité. Entre consommation locale et circuits de distribution discrets, le phénomène gagne en visibilité en faisant des choux gras dans la presse.


Un trafic enraciné dans certains quartiers


Dans plusieurs zones périphériques de la ville, le cannabis circule à visage presque découvert. Des points de vente improvisés, parfois dissimulés derrière des kiosques, dans des voitures, des domiciles privés, sont régulièrement signalés par les riverains. Les consommateurs, souvent jeunes, s’y approvisionnent sans grande difficulté. Cette banalisation contribue à installer un sentiment d’impunité, malgré les descentes policières ponctuelles notamment de l'Office Central de Lutte Anti Drogues (OCLAD). 


Jeunesse et vulnérabilité sociale


Le trafic de cannabis à Oyem touche particulièrement une frange de la jeunesse en situation de précarité. Chômage, décrochage scolaire et manque d’activités structurantes favorisent l’entrée de certains jeunes dans ce commerce illégal, perçu comme une source rapide de revenus. À l’autre bout de la chaîne, la consommation régulière entraîne des conséquences visibles : troubles du comportement, conflits familiaux et désengagement social.


Réponse des autorités et limites de l’action


Les forces de défense et de sécurité multiplient pourtant les opérations de lutte contre les stupéfiants. Saisies de produits, interpellations et destructions de plantations sont régulièrement annoncées. Mais sur le terrain, ces actions semblent insuffisantes pour endiguer durablement le phénomène. Les trafiquants s’adaptent, changent de circuits et profitent parfois de la porosité des frontières pour alimenter le marché local.


Un impact sur la sécurité et la cohésion sociale


Au-delà de la consommation, le trafic de cannabis alimente d’autres formes de délinquance. Vols, rixes et petits règlements de comptes sont parfois liés à ce commerce clandestin. Les habitants dénoncent une dégradation du climat sécuritaire et appellent à des mesures plus fermes. Les leaders communautaires, eux, plaident pour une approche combinant répression et prévention.


Prévenir plutôt que subir


Face à l’ampleur du phénomène, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer des actions de fond : sensibilisation dans les écoles, soutien à l’insertion professionnelle des jeunes et implication des familles. À Oyem, la lutte contre le trafic de cannabis ne peut se limiter aux seules arrestations. Elle passe aussi par une réponse sociale durable, capable de s’attaquer aux causes profondes du problème.


Des ramifications transfrontalières avec le Cameroun


Le trafic de cannabis à Oyem ne se limite pas au seul territoire gabonais. Sa proximité avec la frontière camerounaise favorise l’émergence de réseaux transfrontaliers bien organisés. Selon plusieurs sources sécuritaires, des dealers et des passeurs en provenance du Cameroun franchissent régulièrement la frontière, profitant de pistes rurales peu surveillées et de la porosité des zones forestières. Le cannabis est ainsi acheminé par petits lots, souvent dissimulé dans des véhicules de transport en commun ou porté à pied par des passeurs. Une fois à Oyem, la marchandise est redistribuée vers différents points de vente locaux. Cette dimension transfrontalière complexifie le travail des forces de l’ordre, confrontées à des réseaux mobiles et adaptables. Elle souligne également la nécessité d’une coopération renforcée entre le Gabon et le Cameroun, afin de mieux contrôler les flux illicites et freiner durablement l’expansion de ce trafic.


Coopération sécuritaire bilatérale accrue


Pour anéantir durablement le trafic de cannabis à Oyem, une stratégie globale s’impose. Elle doit combiner un renforcement du contrôle des frontières avec le Cameroun, une coopération sécuritaire bilatérale accrue et des opérations ciblées contre les réseaux, au-delà des simples revendeurs. La prévention est tout aussi essentielle : sensibilisation dans les écoles, encadrement des jeunes et lutte contre le chômage. La responsabilisation des communautés locales et des chefs de quartier peut améliorer le renseignement de proximité. Enfin, une justice ferme et cohérente, appliquant réellement les sanctions prévues par la loi, est indispensable pour briser le sentiment d’impunité.


 


 


 


 

Par Pamphil

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