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RÉVISER LE PROCÈS SONKO

RÉVISER LE PROCÈS SONKO
Procès Ousmane Sonko : saisine de la Cour suprême pour révision, affaire politique, condamnation, éligibilité, justice sénégalaise, controverse, révision judiciaire, affaire politique, Sénégal, justice.

Le dossier judiciaire d’Ousmane Sonko connaît un nouveau rebondissement majeur. Le procureur général près la Cour suprême du Sénégal a officiellement saisi la haute juridiction pour demander la révision de la décision ayant condamné le leader du parti Pastef. Cette information a été révélée mercredi par le journal Libération.


Cette condamnation avait eu des conséquences politiques très lourdes, puisqu’elle avait entraîné l’exclusion d’Ousmane Sonko de l’élection présidentielle de 2024.


La requête du procureur général a été déposée le 31 décembre 2025. Elle vise à faire annuler l’arrêt rendu par la Cour d’appel de Dakar le 8 mai 2023 et à renvoyer l’affaire devant une autre Cour d’appel. L’objectif est que le dossier soit jugé à nouveau, cette fois sur les chefs de diffamation et d’injures publiques.


La Cour suprême désormais au centre du jeu


Avec cette saisine officielle, la balle est désormais dans le camp de la Cour suprême. La plus haute juridiction du pays devra examiner les observations des différentes parties avant de rendre sa décision.


Si la Cour accepte la demande de révision, elle pourra casser l’arrêt de la Cour d’appel et ordonner un nouveau procès.


Il est important de rappeler que cette démarche intervient après la saisine du Garde des Sceaux, ministre de la Justice. Cela montre que la procédure n’est pas seulement portée par les avocats de Sonko, mais aussi par les autorités judiciaires elles-mêmes.


Retour sur l’origine du procès


Pour comprendre l’importance de cette affaire, il faut revenir à son origine. Le procès oppose à l’origine Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang, qui était alors ministre du Tourisme.


Le conflit est né de déclarations publiques faites par Ousmane Sonko. Celui-ci avait accusé Mame Mbaye Niang de détournements de fonds liés au Programme des domaines agricoles communautaires, plus connu sous le nom de Prodac.


Ces accusations ont conduit Mame Mbaye Niang à porter plainte pour diffamation et injures publiques.


Une condamnation lourde de conséquences


En mars 2023, le Tribunal de grande instance de Dakar a reconnu Ousmane Sonko coupable. Il a été condamné à une peine de prison avec sursis et au paiement de 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts à Mame Mbaye Niang.


Cette décision a ensuite été confirmée par la Cour d’appel de Dakar en mai 2023. Enfin, en juillet 2025, la Cour suprême avait validé définitivement la condamnation.


C’est cette validation qui a entraîné l’inéligibilité d’Ousmane Sonko à l’élection présidentielle de 2024, provoquant une vive controverse politique et sociale dans le pays.


Les avocats de Sonko parlent d’espoir


Dès décembre dernier, le collectif d’avocats d’Ousmane Sonko avait annoncé le dépôt d’un recours en révision. Selon eux, cette démarche représente une « espérance pour le peuple sénégalais et la diaspora ».


Me Ciré Clédor Ly, l’un des avocats les plus en vue de la défense, a été particulièrement critique. Il a dénoncé ce qu’il considère comme « l’une des plus grandes conspirations de l’histoire du Sénégal ». Selon lui, le droit à un procès équitable n’a pas été respecté.


Des accusations contre le système judiciaire


Les avocats de Sonko estiment que plusieurs violations graves ont marqué la procédure. Ils dénoncent notamment l’empressement du Conseil constitutionnel à invalider la candidature de leur client alors que, selon eux, la décision judiciaire n’était pas encore définitive au moment des faits.


Me Ciré Clédor Ly affirme qu’Ousmane Sonko reste électeur et éligible sur le plan juridique. Il soutient que la révision du procès permettrait non seulement d’annuler la condamnation, mais aussi d’ouvrir la voie à une réparation pour le préjudice subi.


Un procès qualifié de politico-judiciaire


Le collectif d’avocats va encore plus loin en qualifiant ce procès de « nature politico-judiciaire exceptionnelle ». Selon eux, il ne s’agit pas d’une simple erreur judiciaire, mais d’un dossier profondément marqué par des enjeux politiques.


Ils estiment qu’une acceptation de la révision serait une première au Sénégal. En effet, la révision ne viserait pas seulement à corriger une erreur, mais à reconnaître l’existence d’une conspiration ayant porté atteinte à l’image de la justice sénégalaise.


Une décision très attendue


Aujourd’hui, tous les regards sont tournés vers la Cour suprême. Sa décision pourrait avoir des conséquences importantes, non seulement pour Ousmane Sonko, mais aussi pour la confiance des citoyens dans le système judiciaire.


Qu’elle accepte ou rejette la demande de révision, la haute juridiction devra trancher dans un climat politique encore sensible. Pour de nombreux Sénégalais, ce dossier dépasse le simple cadre judiciaire et touche aux fondements mêmes de la démocratie et de l’État de droit.


 


 


 

Par Pamphil

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