LES TRANSFERTS INTERNATIONAUX
Le secteur du mobile money poursuit sa montée en puissance au deuxième trimestre 2025, malgré un début d’année marqué par un léger ralentissement. Selon la note de conjoncture sectorielle récemment publiée par la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale (DGEPF), les transactions financières via le mobile money affichent une embellie notable, tant en volume qu’en valeur. Cette dynamique confirme le rôle central de ces services dans les habitudes financières des populations.
Une hausse modérée mais significative des volumes de transactions
À fin juin 2025, le volume des transactions financières réalisées via le mobile money a progressé de 3,3 %. Cette performance intervient après un recul de 1 % au premier trimestre 2025, traduisant ainsi un redressement de l’activité. Selon la DGEPF, cette évolution positive s’explique en grande partie par des activités saisonnières et promotionnelles, favorisées par le contexte économique et les stratégies commerciales des opérateurs.
En glissement annuel, la tendance reste nettement favorable. Le volume global des transactions affiche une croissance soutenue de 14 %, illustrant la résilience du secteur et l’ancrage durable du mobile money dans l’économie nationale. Cette progression confirme également la confiance croissante des usagers envers les solutions de paiement et de transfert numériques.
Des opérateurs moteurs de la dynamique sectorielle
Les données compilées à partir des plateformes Airtel Money, Moov Africa et ClikPay montrent une évolution régulière du nombre de transactions au fil des trimestres. Après des hausses successives de 4 % au deuxième trimestre 2024, 5 % au troisième trimestre, puis 6 % au quatrième trimestre, l’activité a marqué un léger repli au premier trimestre 2025 avant de rebondir au deuxième trimestre.
Cette trajectoire en dents de scie traduit une certaine sensibilité du secteur aux cycles économiques, mais aussi la capacité des opérateurs à stimuler la demande grâce à des offres promotionnelles ciblées et à l’élargissement des services proposés.
Dépôts et retraits en nette progression au deuxième trimestre 2025
En valeur, les performances du mobile money apparaissent encore plus marquées. Au deuxième trimestre 2025, les dépôts ont augmenté de 9 %, tandis que les retraits ont progressé de 8 %. Ces évolutions traduisent un recours accru aux portefeuilles électroniques, aussi bien pour la conservation des fonds que pour les besoins de liquidité.
Sur un an, la croissance est encore plus significative : +22 % pour les dépôts et +19 % pour les retraits. Ces chiffres témoignent d’une adoption renforcée du mobile money comme outil de gestion financière quotidienne, aussi bien pour les particuliers que pour les petits acteurs économiques.
Les transferts nationaux confirment leur attractivité
Les transferts nationaux continuent de jouer un rôle clé dans la dynamique du secteur. Au deuxième trimestre 2025, leur valeur a progressé de 11 %, confirmant l’intérêt croissant des usagers pour des solutions rapides et sécurisées de transfert d’argent à l’intérieur du pays.
En glissement annuel, la tendance est encore plus favorable, avec une hausse de 23 %. Cette évolution reflète l’importance du mobile money dans les solidarités familiales, les échanges commerciaux informels et le soutien financier entre zones urbaines et rurales.
Une explosion des transferts internationaux hors zone CEMAC
L’un des faits marquants de cette note de conjoncture réside dans la performance exceptionnelle des transferts internationaux, en particulier ceux effectués hors de la zone CEMAC. Au deuxième trimestre 2025, ces opérations ont progressé de 16 % en valeur sur le trimestre.
Sur un an, la hausse est spectaculaire : +170 % pour les transferts internationaux hors zone CEMAC. Les transferts au sein de la zone CEMAC affichent également une croissance robuste de 64 %. Ces chiffres traduisent une intégration accrue des solutions de mobile money dans les flux financiers transfrontaliers, notamment pour les envois de fonds de la diaspora.
Les paiements marquent le pas malgré une tendance annuelle positive
À l’inverse, les paiements via mobile money ont enregistré une baisse de 7 % au deuxième trimestre 2025. Ce repli ponctuel contraste toutefois avec l’évolution annuelle, qui reste orientée à la hausse, avec une progression de 7 % en glissement annuel.
Cette situation pourrait s’expliquer par un arbitrage temporaire des usagers en faveur des transferts et des retraits, dans un contexte économique encore marqué par certaines incertitudes.
Un secteur appelé à rester stratégique
Dans l’ensemble, la note de la DGEPF met en évidence un secteur du mobile money robuste et en mutation, porté par l’augmentation des usages, la diversification des services et l’ouverture vers l’international. Malgré quelques fluctuations trimestrielles, les indicateurs annuels confirment une trajectoire de croissance solide.
À moyen terme, le mobile money devrait continuer à jouer un rôle stratégique dans l’inclusion financière, la modernisation des échanges et la dynamisation de l’économie nationale.
Explosion des transferts hors zone CEMAC
La progression des transactions de mobile money au Gabon traduit une transformation profonde des usages financiers et porte des enjeux économiques majeurs pour le budget de l’État. La hausse de 3,3 % du volume des opérations à fin juin 2025, malgré un début d’année en retrait, confirme la résilience de l’activité économique intérieure, soutenue par la consommation, les flux saisonniers et les campagnes promotionnelles. En valeur, l’augmentation marquée des dépôts, des retraits et surtout des transferts nationaux et internationaux renforce la traçabilité des flux financiers et élargit progressivement l’assiette fiscale. Pour les finances publiques, cette dynamique favorise une meilleure mobilisation des recettes indirectes, notamment via les taxes sur les services financiers et les commissions opérateurs. L’explosion des transferts hors zone CEMAC souligne aussi une intégration accrue du Gabon aux échanges régionaux et mondiaux, tout en posant des défis de régulation. À terme, le mobile money devient un levier stratégique pour la formalisation de l’économie et la sécurisation des recettes budgétaires annuelles.