DÉTRESSE DES MÉNAGES DU LAC-BLEU
Dans le premier arrondissement de Libreville, le quartier Lac Bleu fait face à une pénurie d’eau potable qui complique fortement le quotidien des habitants. Depuis plusieurs semaines, l’accès à ce bien essentiel est devenu une autre paire de manche pour de nombreuses familles.
Une pénurie qui s’installe
Au quartier Lac Bleu, l’eau potable se fait de plus en plus rare. Depuis plusieurs semaines, des dizaines de ménages vivent au rythme des coupures répétées. Ici, ouvrir le robinet et espérer voir couler de l’eau relève désormais du hasard. Pour certains habitants, cela fait trois, quatre, parfois cinq jours sans une seule goutte dans les maisons. Une situation qui en a laissé plus d’un avec une véritable douche froide.
L’eau, pourtant indispensable à la vie quotidienne, devient un luxe. Se laver, cuisiner, faire la lessive ou simplement se désaltérer sont des gestes simples qui se transforment en épreuve. Les familles, déjà confrontées à d’autres difficultés sociales, voient leur quotidien en pâti fortement.
Un seul compteur comme planche de salut
Dans ce quartier, un seul compteur encore fonctionnel permet d’avoir accès à l’eau. Il est devenu l’unique point de ravitaillement pour de nombreux habitants. Très tôt le matin ou tard le soir, hommes, femmes et enfants s’y rendent avec des bidons, espérant remplir quelques litres.
De longues files se forment le long de la route. La règle est simple : premier arrivé, premier servi. Les habitants patientent parfois pendant des heures, exposés aux dangers de la circulation. Cette corvée quotidienne est une véritable épine dans le pied des familles, surtout pour les personnes âgées ou malades.
Des habitants à bout de souffle
La situation commence sérieusement à broyer le moral des riverains. Beaucoup disent ne pas comprendre ce qui se passe. Selon eux, la mise en service de la station de pompage du PK5 devait améliorer l’approvisionnement en eau dans les ménages. Mais sur le terrain, rien n’a changé.
« On ne sait pas ce qui se passe. On peut passer une semaine sans eau », confie un habitant, visiblement excédé. Cette incompréhension reste en travers de la gorge de nombreux riverains, qui ont l’impression d’être oubliés.
Quand la grève devient un soulagement
Fait surprenant, la grève qui secoue actuellement le secteur de l’éducation est vécue comme un soulagement par certains parents. Les enfants, restés à la maison, peuvent aider à aller chercher de l’eau lorsque celle-ci arrive en journée, souvent pour seulement quelques heures.
Les parents physiquement diminués comptent sur leurs enfants pour accomplir cette tâche pénible. Dès que l’eau coule, c’est la course contre la montre. Il faut profiter de chaque instant, remplir les bidons, stocker ce qui peut l’être, car personne ne sait quand l’eau reviendra.
Une demande simple et légitime
Au-delà des grands chantiers et des projets d’infrastructures annoncés, les habitants du quartier Lac Bleu disent ne réclamer que le strict minimum : de l’eau au robinet, régulièrement et dans la dignité. Ils rappellent qu’auparavant, le quartier ne connaissait pas de tels problèmes.
« Ce n’est pas une question de beaux bâtiments. On veut que les conditions de vie s’améliorent », explique une résidente. Pour elle et beaucoup d’autres, l’accès à l’eau est une priorité absolue, bien avant tout autre projet.
L’eau, un combat quotidien
En attendant que les autorités apportent des solutions concrètes, l’eau reste un luxe au quartier Lac Bleu. Chaque goutte obtenue est une petite victoire arrachée à la patience et à l’espoir. Les habitants continuent de faire face, malgré les difficultés, refusant de baisser les bras.
Mais pour combien de temps encore ? Si la situation reste en panne, le ras-le-bol pourrait grandir. Pour l’heure, les ménages du Lac Bleu continuent de lutter au quotidien pour un droit fondamental : l’accès à l’eau potable.