ENTRE ESPOIR ET INCERTITUDE
La présence du ministre de l’Éducation nationale, ce 26 janvier 2026, au Lycée technique national Omar-Bongo d’Owendo, n’a pas suffi à dissiper les interrogations des élèves de cet établissement concernant la date effective de la reprise des cours. Pour raison , entre annonces officielles, rumeurs persistantes et reprise progressive, la rentrée scolaire au Gabon se déroule dans un climat de confusion qui pèse lourdement sur les élèves.
L’incertitude domine.
Les apprenants, eux, oscillent entre espoir de reprise et lassitude face à une situation qu’ils jugent pénalisante, à l’approche des examens blancs et des évaluations de fin d’année.
« Le problème, c'est que ça nous pénalise beaucoup. On approche des examens blancs et des examens, mais nous sommes à la maison », déplore un élève.
Situation qui laisse paraitre de la nervosité chez les apprenants. Se plaignant de difficulté économique que cela entraine.
Entre espoir et incertitude.
« Beaucoup ne font même pas les cours de prépa, parce que certains parents n'ont pas les moyens. Et d'autres viennent de très loin pour trouver l'école fermée… C’est frustrant, c’est décevant. »
Au-delà de l’impact académique, un autre malaise s’installe : la tension entre élèves et parents. Faute d’informations claires et crédibles, de nombreuses familles doutent de la réalité de la reprise.
« Les parents pensent qu’on veut seulement prendre l’argent du taxi pour venir à l’école. Ils disent qu’il n’y a pas cours. Moi-même, j’ai dû insister pour venir aujourd’hui. » confie un autre élève.
Une reprise progressive au LTNOB
Au Lycée Technique National Omar Bongo (LTNOB), la situation semble évoluer, mais sans retour total à la normale. Selon des élèves et responsables de coopérative, la rentrée s’y fait de manière progressive.
« Il y a eu la levée des couleurs en présence de Madame le Ministre d’État, Camélia Ntoutoume. Des classes ont eu cours, d’autres non. Certains élèves ont même composé des devoirs aujourd’hui », explique Dadick Moudounga, conseiller de la coopérative du lycée.
La ministre aurait exhorté les élèves à revenir massivement en classe, soulignant que certains enseignants affirmaient se présenter dans les établissements sans y trouver d’apprenants.
« La coopérative a sensibilisé. Beaucoup d’élèves sont venus. Madame le Ministre nous a rassurés : les professeurs reviendront aussi progressivement », ajoute-t-il.
La question sensible des enseignants grévistes.
Mais sur le terrain, des voix discordantes se font entendre. Des élèves de terminale notent que les enseignants présents seraient majoritairement étrangers, laissant planer le doute sur la participation des enseignants gabonais toujours engagés dans le mouvement social.
« Les professeurs qu’on a vus faire cours étaient surtout des étrangers. Les enseignants gabonais, qui sont majoritaires dans nos spécialités, sont-ils toujours en grève ? On ne sait pas s’il y a eu un accord avec le ministère », s’interroge un élève.
« Nous sommes prêts à reprendre, c’est notre avenir. Mais nous voulons des réponses claires. »
Débat autour des enseignants arrêtés.
En parallèle, la situation est alourdie par l’arrestation de certains enseignants syndicalistes. Là aussi, les avis divergent.
Un intervenant estime que le lien entre leur libération et la reprise des cours est discutable :
« Avant leur arrestation, ils réclamaient déjà de l’argent. Si on les libère, sommes-nous sûrs qu’ils vont retourner en classe ? Ou bien recommencer à faire grève ? »
Un autre appelle plutôt à un geste d’apaisement des autorités :
« Si le Président fait libérer ces enseignants, cela peut calmer les choses et rassurer les professeurs. Ils verront qu’il est crédible dans ses engagements. »
Malgré tout, les élèves affichent une volonté claire de reprendre le chemin des salles de classe.
« Dès qu’on nous dit de venir, nous venons. Nous voulons reprendre. Même si la situation est ambiguë, c’est notre avenir qui est en jeu. »
Reste désormais à savoir si la reprise annoncée pourra se consolider dans les prochains jours, avec un retour effectif et coordonné des enseignants, condition essentielle pour dissiper le flou qui entoure encore cette rentrée sous tension.